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Qui surveillera nos touristes égoïstes?

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Le gouvernement fédéral a choisi de ne pas empêcher les Canadiens d’aller se faire dorer la couenne au soleil.

Arrivera-t-il au moins à s’assurer que ces touristes égoïstes respectent scrupuleusement leur quarantaine en rentrant au pays ? 

Je l’espère, mais on est en droit d’en douter. 

Capture d'écran

D’abord parce que nos autorités comptent avant tout sur la bonne foi des gens. 

Mais comment faire confiance à ces personnes dont le premier réflexe est de se faire plaisir, au détriment du bien commun ? 

Notre journaliste Clara Loiseau a démontré, par son travail de terrain au Mexique, que beaucoup de ces touristes n’en ont que faire des mesures sanitaires élémentaires.

Durant son court séjour, Mme Loiseau se faisait regarder de travers parce qu’elle portait son masque et respectait la distanciation physique. 

Une désagréable rabat-joie aux yeux de ces joyeux lurons.  

Outils limités

Nos autorités auront du pain sur la planche pour les convaincre de s’isoler pendant 14 jours sans possibilité d’exhiber leur nouveau bronzage. 

Ils sont au moins mieux équipés que durant la première vague.

Les agents des services frontaliers sont maintenant plus nombreux dans les aéroports. 

Capture d'écran

En théorie, ils vérifient les plans de quarantaine détaillés des voyageurs à risque.

Le fédéral fait ensuite un suivi durant leur isolement, afin de s’assurer que la quarantaine est respectée. 

Quelque 4600 appels quotidiens sont effectués par des agents fédéraux. 

Si un doute surgit quant au respect des consignes, les autorités provinciales ou municipales prennent le relais afin de faire des vérifications sur le terrain. 

Le bilan de ces efforts pour retrouver les tricheurs depuis le printemps laisse toutefois songeur : 174 avertissements verbaux, 20 avertissements écrits et 123 contraventions ont été émis, et 8 accusations ont été portées contre des Canadiens depuis que l’auto-isolement obligatoire est entré en vigueur en mars dernier.   

Ça me semble bien peu. 

Droits et libertés

Pour régler le problème, la logique voudrait qu’on interdît aux Canadiens de voyager à l’étranger pour le plaisir. Non ? 

Pourquoi est-il défendu à un Montréalais de se rendre à Rimouski, alors qu’il a le droit de s’envoler pour Playa del Carmen ?

Embarrassante question à laquelle je n’ai pas la réponse. 

Je sais seulement que le fédéral préfère sensibiliser que contraindre. 

Le téléchargement de l’application Alerte COVID n’est pas obligatoire. La vaccination non plus. 

Nos démocraties libérales tolèrent mal les actes de coercitions, au nom des libertés individuelles. 

Contradictions

D’accord, mais le fédéral n’est pas obligé de faire partie du problème. 

En novembre dernier, Passeport Canada y est allé d’une série de messages controversés sur les réseaux sociaux, dont au moins un a été retiré. 

L’agence fédérale invitait ceux qui planifiaient des « vacances cet hiver » à renouveler leur passeport dès maintenant !

Un autre tweet, toujours en ligne, montre une plage paradisiaque avec le sous-titre #JaimeraisÊtreLà.

Quel mauvais message à envoyer !