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Souvenirs du secondaire (2)

Écoles Étudiants distanciation
Photo Martin Alarie

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Un brin nostalgique en cette fin d’année, j’ai eu l’idée de lancer un appel à tous sur ma page FB: «Je veux connaître vos souvenirs du secondaire. Après quelques (ou plusieurs !) années, on se rappelle de quoi?» 

J’ai reçu des dizaines de messages: une phrase, un paragraphe, un texte... J’ai lu avec bonheur ces histoires. Elles m’ont permis de me rappeler pourquoi nous sommes enseignants. Merci!

Dans les prochains jours, je vous invite à lire des extraits choisis.

Elisa, 22 ans, étudiante en enseignement de l’éducation physique  

Je me souviens des nombreux midis de volleyball où on se retrouvait à côtoyer des élèves de tous les niveaux. Je me rappelle également que la porte de tous les enseignants était toujours ouverte à ceux qui en avaient besoin. Ça peut sembler kitsch, mais, à bien y repenser, je ne serais pas aussi convaincue de mon domaine d'études si ça n'avait pas été de la disponibilité, de la passion et du dévouement pour les élèves de chacun des enseignants de mon école. En résumé, ce qui a marqué ces cinq années de ma vie a été les gens dévoués qui me permettaient de me dépasser dans un milieu qui peut être rude. L'adolescence n'est pas une période toujours évidente, le cadre dans lequel on se trouve peut tout changer. Il a tout changé pour moi!

Jean-Christophe, 22 ans, étudiant en génie logiciel  

Je me souviendrai probablement toujours des petites phrases répétées beaucoup trop souvent par mes profs... Y’a de ces phrases qui font juste t’accrocher et qui ne te sortent pas de la tête. Oh, et, bien évidemment, la passion de chacun de nos profs d'enseigner. Ça paraissait qu’ils aimaient enseigner et être là avec nous, avec leur enthousiasme et tous les efforts déployés pour nous. Je pense que c'est surtout ça que je retiens du secondaire.

Andréanne, 35 ans, infirmière clinicienne  

Je me souviens à quel point mon prof de sciences trouvait ça drôle, que je conduise un pick-up. Je n’étais pas l’élève qu’on remarquait le plus. Il m’agaçait avec ça et je crois que j’étais contente d’avoir un petit quelque chose de différent, pour une fois. Le secondaire a été pour moi un endroit où j’ai été mise en contact avec des jeunes qui avaient une opinion et des ambitions. J’arrivais d’une école de 60 élèves. Tu ne choisis pas vraiment tes amis quand tu viens d’une si petite école. J’avais vécu de l’intimidation au primaire. J’essayais de faire ma «cool» avec mes «amis de campagne». Puis j’ai rencontré mes amis du PEI. Des gens qui voulaient s’impliquer, avaient des opinions sur la politique, l’histoire, l’environnement. Des gens qui assumaient leurs différences. J’ai toujours été de nature à vouloir me fondre dans la masse. Avec mes «amis de campagne», j’avais toujours été l’intello ou la trop sage. Là, je me retrouvais enfin avec des gens qui voulaient réussir et qui tiraient, de leur réussite, une satisfaction et une fierté que je ne m’étais jamais autorisées, par crainte de rejet. Ça a été très bénéfique pour moi. Je crois que cela m’a ouvert à des possibilités de réussite que je n’avais pas envisagées.

Laurie-Anne, 25 ans, étudiante à la maîtrise en orientation  

Je me rappelle surtout de l'encadrement des professeurs, leur disponibilité, leur accessibilité, la proximité qu'on pouvait avoir, dans le sens où ils n'étaient pas seulement profs de math, d’économie ou d’éduc... On pouvait leur parler de sport, de culture générale, leur demander conseil, rire et moins rire. Ils nous poussaient à s'impliquer, à se démarquer, à être soi-même. Je ne sais pas si c'est moi qui suis particulière, mais je me souviens étrangement plus des professeurs que de ma vie avec mes amis. Je crois que c'est à cette étape qu'on peut faire un changement dans la vie de l'élève. J'ai appris à me connaître au secondaire, car on m'a soutenue autant dans le sport qu’au niveau académique.

Tu vis plusieurs transitions importantes, tu fais des choix en lien avec ton futur et tu construis ton identité... Ça peut te suivre longtemps. Il faut tenter de rendre l'expérience la plus positive pour tout le monde. Les cours sont aussi là pour explorer, apprendre à se connaître, voir dans quoi on est bon et ce qui nous motive. Qu'est-ce qui est important pour toi? C'est ce que le secondaire peut déjà t’apporter un peu comme réponse. Oui, il y a les amis, le plaisir, les devoirs, le sport, etc., mais, après tout ça, qu'est-ce qui te définit le plus, comme personne? L'école, c'est ça: devenir citoyen, devenir quelqu'un au-delà de la matière de nos cours...