/opinion/blogs/columnists
Navigation

Souvenirs du secondaire (3)

Souvenirs du secondaire (3)
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Coup d'oeil sur cet article

Un brin nostalgique en cette fin d’année, j’ai eu l’idée de lancer un appel à tous sur ma page Facebook: «Quels sont vos souvenirs du secondaire? Après quelques (ou plusieurs!) années, on se rappelle de quoi?» 

Afin de conclure cette série, je vous propose – en toute humilité – deux messages plus personnels. Je suis choyé. Mon initiative s’est soldée par une reconnaissance inattendue... et combien appréciée!

Si tous les mots reçus m’ont permis de me rappeler pourquoi nous sommes enseignants, les témoignages d’aujourd’hui permettent de comprendre pourquoi j’aime toujours ma profession. 

Lors de la rentrée scolaire, Québec lançait sa campagne publicitaire «Je réponds présent» dans l’optique de valoriser la profession d’enseignant. Une perte de temps et d’argent. Si je réponds – encore – présent, c’est grâce aux élèves. En ce qui me concerne, la véritable valorisation passe par eux. 

Je tiens à vous dire que des dizaines de milliers d’enseignants (et de membres du personnel scolaire) pourraient recevoir ce genre de mots de la part des élèves qu’ils ont côtoyés pendant leur parcours scolaire. J’en suis certain. Voilà la véritable motivation à répondre présent à ma profession.

À tous mes collègues, je vous souhaite, pour la nouvelle année: santé, respect et reconnaissance.

Joëlle, 30 ans, agente d’application de la loi 

Près de 13 ans plus tard, je tourne les pages de mon album de finissants et certains souvenirs refont surface. Je dois avouer que ce n’est pas de la «matière» que je me rappelle le plus lorsque je pense à mon secondaire, mais plutôt des activités parascolaires, des amitiés, des dîners à la cafétéria et des pauses près des casiers. 

Je n’ai jamais oublié l’importance que certains professeurs ont eue sur mon développement personnel. N’ayant pas de merveilleux modèles adultes à la maison représentant et encourageant mes ambitions, j’avais choisi quelques professeurs comme modèles positifs. Je ne me rappelle pas de la matière enseignée, mais plutôt des leçons de vie qu’ils partageaient de temps à autre. 

Madame Paradis, professeur de mathématiques, a été un modèle positif qui a marqué l’adolescente que j’étais. J’avais beau détester les mathématiques et ne rien comprendre à la matière, madame Paradis représentait pour moi un modèle de femme forte, carriériste, confiante et brillante. Je voulais être comme elle. Monsieur Dancause, mon professeur de chimie, a été un modèle positif pour moi qui n’avais pas de présence masculine à la maison (puisque mon père est décédé lorsque j’avais 12 ans). Je me rappelle d’un professeur drôle, démontrant un brin de folie, mais autoritaire et compétent. Je le respectais énormément. 

Je me rappelle comment je me sentais à l’intérieur. J’étais constamment anxieuse, je me comparais aux autres, je ne me sentais pas assez brillante, pas assez jolie, je pensais majoritairement aux garçons, je me questionnais sur mon avenir, je priorisais mes amitiés, que je croyais éternelles, et j’étais hantée par la peur de me faire intimider puisque je ne faisais pas partie des «cool». 

Le secondaire est une étape particulièrement difficile, mais il a forgé mon caractère. Les «blessures» qu’il a créées en moi sont de belles blessures qui m’ont rendue vulnérable et plus forte! Pour moi, la fin du secondaire fut très bénéfique. C’est au cégep que j’ai commencé à m’épanouir académiquement en concentrant mes efforts sur les matières que j’aimais le plus. En choisissant mes cours et en ayant plus de liberté personnelle. 

Plusieurs années plus tard, je suis une femme confiante, forte, brillante, carriériste, compétente, démontrant un brin de folie et très comique. Un peu de madame Paradis et un peu de monsieur Dancause font partie de la femme que je suis aujourd’hui!

Janie, 33 ans, enseignante au primaire 

Je me souviens de la force qu’a l'humour dans la gestion de classe. De ta façon de rire avec nous et de nous faire cheminer en tant que petits humains qui croient être grands sans rabaisser personne.

Je me souviens de cette fois où tu nous avais fait un speech sur la gestion du temps et de nos priorités, du genre... Si tu fais du ski, de la danse, de la natation et que tu travailles, ne viens pas me dire que tu n'as pas le temps d'étudier. Ça dépend juste de tes priorités. Tu fais des choix et tu dois les assumer.

Je me souviens des fois où tu nous disais que tu adorais enseigner, mais que les «toutes autres tâches connexes» pesaient lourd (je comprends mieux, maintenant). De cette fois, en rencontre de parents, où mon père et moi étions venus te rencontrer et que tu m'as redonné confiance en mes capacités par ce que tu nous avais dit. De ce message dans mon album de finissants: fais-toi confiance!!! 

Je me souviens de la belle chimie entre tes collègues et toi, qui nous donnait le goût d'apprendre avec vous tous! Merci pour tout, tu as été un enseignant et un modèle marquant dans mon parcours. 

Au fond, un enseignant ne fait pas que passer le savoir théorique, il permet à l'enfant de développer sa personnalité et de devenir une meilleure personne.