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D’autres bouleversements en perspective

À la fois dans le rétroviseur et devant, on voit que le Québec devra affronter des défis économiques de taille

Dossier sur les effets du télétravail
Photo d'archives, Chantal Poirier Le télétravail deviendra-t-il la norme en 2021 malgré le vaccin ? Plusieurs experts croient que le marché du travail sera fortement bouleversé. Toutefois, dans certains métiers, la pénurie de main-d’œuvre va continuer à se faire sentir.

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Les experts s’entendent pour dire que la pandémie va changer la manière de vendre des commerçants, d’acheter des consommateurs, d’investir son épargne et de travailler. Plusieurs enjeux et secteurs économiques demeureront d’actualité en 2021 malgré la fin de la crise sanitaire. 

Télétravail et pénurie de main-d’œuvre

Un marché du travail en mutation ?

La COVID-19 continuera de bouleverser le monde du travail. « On s’en va probablement vers un modèle hybride avec deux ou trois jours à la maison. Les gens se sont habitués à travailler à distance. La pandémie a accéléré la transformation numérique », analyse Pierre Garant, associé en certification chez Raymond Chabot Grant Thornton. Pour le ministre du Travail, Jean Boulet, les candidats pourraient devoir réorienter leur carrière. « Un travailleur en aérospatiale pourrait faire une formation de courte durée et devenir charpentier-menuisier. Un monteur, un mécanicien de chantier. Un aide-cuisinier pourrait devenir un manœuvre. Un préposé en entretien, en hôpital », a illustré le ministre en entrevue au Journal.

– Francis Halin, Le Journal de Montréal 

Immobilier

Des prix des maisons en hausse ?

D’un côté, les courtiers s’emballent et prédisent de forts prix pour l’année à venir. De l’autre, l’agence de notation Moody’s va jusqu’à parler d’une baisse de 7 % pour l’ensemble du Canada. Et, au centre, on retrouve la Banque Nationale, qui prévoit que les prix monteront, mais pas aussi rapidement que cette année. Pour la région métropolitaine de Montréal, où habitent la moitié des Québécois, la hausse a été de 9 % en 2020, selon l’indice Teranet – Banque Nationale, grâce notamment à un niveau de ventes « historiquement élevé ». « Ça prendrait tout un choc pour que le marché devienne favorable aux acheteurs », indique l’économiste Marc Pinsonneault. Le nombre de ventes devrait diminuer, ce qui stabilisera les prix un peu, croit-il. 

– Julien McEvoy, Le Journal de Montréal 

Aéronautique

Reprise en vue ?

« L’industrie va revenir à son niveau de 2019 en 2024 », prévient Suzanne Benoît, PDG d’Aéro Montréal. Le secteur aéronautique québécois a perdu 4500 emplois cette année, et c’est sans compter les milliers de postes supprimés chez les transporteurs aériens. Yan Cimon, professeur à l’Université Laval, craint que le Québec ne perde du terrain face aux grands centres mondiaux que sont Toulouse et Seattle. « C’est un très grand risque », dit-il. Si Ottawa ne vient pas en aide à l’industrie, « c’est sûr qu’on va perdre des plumes », soutient Mme Benoît. Heureusement, les jeunes gardent espoir et n’ont pas déserté les programmes de formation en aéronautique. 

– Sylvain Larocque, Le Journal de Montréal 

Commerce de détail

L’année du commerce en ligne ?

Les défis seront nombreux dans le commerce de détail en 2021. Plusieurs fermetures pourraient encore survenir, estime le professeur de l’Université Laval, Yan Cimon. Ce dernier prévoit une croissance des outils liés à l’intelligence artificielle et la réalité augmentée. La concurrence en ligne risque aussi de devenir « plus rude ». Les attentes des consommateurs iront en augmentant, notamment en ce qui a trait à la livraison.

Le représentant du Conseil canadien du commerce de détail au Québec, Marc Fortin, croit que des détaillants pourraient se regrouper afin d’offrir ce service. Certains propriétaires immobiliers pourraient aussi ajouter ce service pour leurs locataires. Le Conseil québécois du commerce de détail dit qu’il faudra continuer de penser bleu pour soutenir l’économie d’ici. Son directeur général, Stéphane Drouin, estime que l’engouement pour les produits locaux se poursuivra. « Le mouvement ne s’est pas encore essoufflé. Nous aurons tous avantage à continuer de l’alimenter en 2021 ».  

– Jean-Michel Genois-Gagnon, Le Journal de Québec