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De l’action après les mobilisations

Les citoyens ont réclamé du changement pendant la pandémie, la nouvelle année doit être celle du concret

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Malgré la pandémie et les mesures sanitaires, nombreux sont les citoyens qui se sont mobilisés partout au Québec en 2020, pour réclamer à tue-tête des changements dans les rues de la Belle Province. Du racisme aux dénonciations d’inconduites sexuelles, voici cinq mouvements sociaux qui ont marqué l’année, et qui resteront d’actualité en 2021.

Encore plus d’itinérance

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Il faudra mettre en place des actions concrètes pour aider les personnes en situation d’itinérance dès les premiers jours de 2021, presse le curé de la rue Claude Paradis, qui craint plus que jamais les effets de l’hiver pour ceux qui vivent dehors.

Depuis le début de la pandémie, le nombre d’itinérants dans les rues a doublé à Montréal, où on dénombre maintenant plus de 6000 sans-abri.

Or, avec le froid et le démantèlement de plusieurs campements, comme celui de la rue Notre-Dame, l’abbé Paradis implore le gouvernement de mettre en place des haltes de chaleur sécuritaires « rapidement ».

« Les refuges fonctionnent au ralenti et ne peuvent pas accueillir autant de monde. Je sais que je vais faire les funérailles des gens qu’on va retrouver gelés le matin, souffle-t-il. Ils sont beaucoup trop nombreux. »

Black lives matter

Photo d'archives

L’année 2020 a vraiment permis de conscientiser les Québécois quant au racisme systémique, note Max Stanley Bazin, président de la Ligue des Noirs du Québec. 

« On a pu assister à la mort d’un homme en direct, ça a ouvert les yeux. Les gens au Québec ont compris », estime-t-il.

Après la mort de l’Américain George Floyd, des milliers de citoyens ont pris les rues d’assaut partout dans le monde pour manifester contre le racisme donnant un nouveau souffle au mouvement Black Lives Matter. 

Le gouvernement du Québec a, quant à lui, mis en place le Comité d’action, qui suggère 25 mesures. Un pas dans la bonne direction, mais « il ne faut pas sabrer le champagne tout de suite », croit M. Bazin.

« Ce sont des annonces politiques, mais on attend de voir ce qui sera réellement fait. [...] Il y a encore beaucoup de chemin à faire » pour 2021, conclut-il.

Discrimination autochtone

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Les dernières heures filmées de la vie de Joyce Echaquan, qui est décédée sous les injures du personnel de l’hôpital de Joliette en septembre dernier, ont donné le coup d’envoi aux manifestations contre le racisme envers les communautés autochtones.

« Ça ne peut pas se produire de nouveau [...] Le message de Joyce a été très clair. L’heure a sonné, pour faire changer les choses », croit Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador. Il voit d’un bon œil la mobilisation citoyenne pour 2021.

Réchauffement climatique

Photo courtoisie, Stéphane Renaud

Si l’environnement est loin d’avoir été une priorité cette année avec la pandémie, il faudra revenir en force avec des actions concrètes en 2021, croit Pablo Desfossés, fondateur de Groupe d’aide pour la recherche et l’aménagement de la faune.

« En 2019, on est resté au stade de la mobilisation [...] Donc en 2020, c’est comme si c’était à refaire. Pour 2021, je souhaite que ça soit une année d’actions. J’aimerais que juste dans notre quotidien, on réduise de 5 % notre empreinte écologique. Ce n’est pas très complexe », rêve-t-il.

Inconduites sexuelles

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Après un nouveau mouvement de dénonciation sur les réseaux sociaux, cet été, qui a éclaboussé plusieurs personnalités publiques comme Maripier Morin, Bernard Adamus ou David Desrosiers, le Comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale a émis ses 190 recommandations.

Un rapport « exhaustif », note Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes.

Ces recommandations pourront aider à améliorer la confiance des victimes dans la justice si elles sont appliquées rapidement, estime-t-elle.

« L’enjeu, maintenant, c’est la mise sur pied. Tout est là », croit Mme Monastesse.