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Le test ultime pour Justin Trudeau

Préparer l’après-pandémie ne sera pas de tout repos, alors que des rumeurs d’élections persistent

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Sur la scène fédérale, l’année 2021 n’offrira aucun répit après celle, éprouvante, qui vient de passer. Entre les rumeurs d’élections persistantes, le dépôt d’un premier budget en deux ans et une campagne de vaccination de masse, les mois à venir donnent le vertige. Voici un aperçu de ce qu’il faudra surveiller cette année. 

Un premier budget en deux ans  

Photo d’archives

La pandémie de coronavirus a creusé un trou béant de quelque 400 G$ dans les finances publiques de l’État fédéral. Ottawa compte investir en plus de 70 à 100 M$ pour relancer l’économie après la pandémie.

À tout cela s’ajouteront les inévitables nouvelles dépenses budgétaires qui se transformeront peut-être en promesses électorales. Nous avons jusqu’à présent très peu de détails sur les nouvelles dépenses à venir, ce qui alerte de nombreux économistes.

Le budget doit en principe remédier à ce flou. Il sera aussi intéressant de voir de quelle façon les libéraux mettront fin aux nécessaires mais temporaires programmes d’aide d’urgence mis en place pour faire face à la pandémie. Bref, il ne faut pas s’attendre à un contrôle serré des dépenses de la part du fédéral en 2021.  

De l’ombre à la lumière 

Photo d’archives

Le nouveau et encore inconnu chef du parti conservateur, Erin O’Toole, pourra sortir de l’ombre en 2021. Avec un retour à la normale qui se profile à l’horizon, il aura l’occasion de présenter sa vision de l’après-pandémie. Ce qui est aussi vrai pour les autres partis.

Se montrera-t-il à la hauteur d’un premier ministre en attente ? Saura-t-il incarner autre chose qu’un chef de l’opposition ? M. O’Toole a passé les derniers mois à essayer de marquer sa différence par rapport à ses prédécesseurs, avec un succès mitigé. Qui est-il réellement ?

Celui qui a flirté avec un certain populisme durant la course à la direction du parti ? Ou celui qui se dit en faveur des droits des femmes et des minorités, et qui fait de l’œil aux syndicats ? La réponse cette année. 

Le vaccin de la libération  

Photo d’archives

Le gouvernement Trudeau a réalisé un coup fumant en étant l’un des premiers au monde à lancer une campagne de vaccination contre la COVID-19. Mais nous sommes encore loin de la coupe aux lèvres.

Il faudra encore vacciner des millions de Canadiens avant que nous puissions retrouver une vie normale.

Quel pourcentage de la population devra être protégé avant de lever les restrictions sanitaires ? La science n’est pas encore claire sur le sujet. On attend aussi l’approbation des autres candidats-vaccins.

Le gouvernement Trudeau a versé des milliards de dollars en aide d’urgence aux Canadiens durant la pandémie. Or, le succès de la campagne de vaccination demeure pour lui le test le plus important pour l’année 2021. 

Des odeurs d’élections  

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Le budget printanier – un premier en deux ans – pourrait bien mettre la table au déclenchement d’élections anticipées. Le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau devra faire approuver ce budget par au moins un parti d’opposition s’il souhaite survivre.

À moins qu’il ne décide lui-même de se faire tomber, afin de demander un nouveau mandat à la population.

C’est ce qu’ont fait avec succès les gouvernements minoritaires du Nouveau-Brunswick et de la Colombie-Britannique. Les crises sont souvent propices à la réélection des régimes en place. 

Encore la question éthique  

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Le scandale WE Charity reviendra bientôt dans l’actualité. Le rapport du commissaire à l’éthique, Mario Dion, est attendu dans les prochaines semaines ou mois. Y aura-t-il de nouvelles révélations troublantes ?

Le premier ministre Trudeau subira-t-il un troisième blâme, après ceux découlant de l’affaire SCN-Lavalin et de son voyage sur l’île privée de l’Aga Khan ?

Peu importe le verdict de M. Dion, le jugement de M. Trudeau est déjà écorché par cette affaire.

Le premier ministre a admis qu’il aurait dû se récuser des discussions entourant l’octroi du lucratif contrat accordé à l’entreprise caritative qui entretient des liens d’affaires avec sa famille. Reste à voir si le rapport de M. Dion noircira cette tache, et dans quelle mesure elle deviendra gênante pour les libéraux.

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