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Revue culturelle 2020: les arts forcés de se réinventer

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Éprouvante, frustrante, stressante... L’année 2020 aura laissé un mauvais goût dans la bouche d’une kyrielle d’artistes et artisans du monde du divertissement. Frappés de plein fouet par la pandémie et le confinement, envoyés au tapis, même, les arts n’ont eu d’autre choix que de se relever en rassemblant leurs forces et en développant de nouvelles idées. Des mois marqués par la réinvention. 

Le théâtre  

PHOTO COURTOISIE/TNM/YVES RENAUD

Les acteurs qui sont montés sur scène ont, durant une courte période cet automne, pu livrer haut et fort dialogues et monologues. Par contre, ce fut devant un auditoire des plus restreints, les salles devant impérativement réduire leur capacité au tiers ou au quart de leur configuration maximale en raison des mesures sanitaires. 

Portés par le désir d’offrir une dose de culture malgré tout, les directeurs et directrices de certains théâtres ont jeté leur dévolu sur la webdiffusion, permettant à tous d’avoir accès à plusieurs pièces et collaborations annoncées en début de saison. Si l’ambiance n’était assurément pas la même, cette solution a gardé des textes vivants et a pallié l’absence de salles combles. 

À Montréal, Toutes les choses parfaites, chez Duceppe, et Zebrina, une pièce à conviction, au TNM, figurent parmi les rares productions ayant pu tenir une première en «présentiel».

La télévision  

Photo d'archives, Agence QMI (Joël Lemay)

Les tournages en ont pris pour leur rhume au petit écran, car il a fallu faire une croix sur les accolades, les câlins et les baisers dans les séries. Déjà que l’horaire sur les plateaux était serré... 

Qu’à cela ne tienne, des équipements de protection (visières, plexiglas, etc.) ont été achetés, des gens de la même bulle ont été embauchés (comme Sébastien Diaz et Bianca Gervais dans Les pays d’en haut) et la participation des téléspectateurs a parfois été privilégiée (à domicile!), comme à En direct de l’univers ou encore La poule aux oeufs d’or, alors que les gagnants se sont extasiés à distance. 

Les équipes de grosses productions, comme La Voix au Québec, ou The Voice aux États-Unis, ont réussi à s’adapter à l’absence de public, ont respecté les normes sanitaires et de distanciation en vigueur, en plus de relever les enjeux du direct. Chez nos voisins du Sud, le coach John Legend a même pu garder un certain contact avec ses candidats grâce à un gant de plastique installé au bout d’un bâton... Ça ne s’invente pas.

La musique  

Facebook Damien Robitaille

Privés de la dose d’adrénaline que procurent la scène et un vaste parterre, plusieurs artistes de la chanson ont continué de créer et, surtout, d’aller à la rencontre du public. On ne compte maintenant plus les concerts proposés sur le web, que ce soit via Facebook, les sites officiels ou diverses plateformes. 

Pensons simplement à Damien Robitaille et à ses réjouissantes vidéos quotidiennes, où il joue à lui seul divers instruments pour revisiter des airs marquants. Aussi, même si elles ne pouvaient goûter à la joie de remplir de grands amphithéâtres, des vedettes se sont succédé pour lancer, en ligne, des albums complets, ainsi que quantité de nouveaux extraits. 

Au Québec, grâce à des spectacles enregistrés à l’espace Yoop ou relayés en direct - comme avec livedanstonsalon.com -, entre autres, la musique a continué de parvenir à nos oreilles. 

Durant l’été, l’ingéniosité des artistes a notamment pris la forme de rendez-vous dans les ciné-parcs – où les coups de klaxon remplaçaient les applaudissements! – , et même sur l’eau, sur des quais flottants, comme l’a fait la chanteuse Stéphanie Bédard.

Les festivals  

L’interdiction de générer des rassemblements a évidemment plombé moult événements extérieurs. 

Parmi eux, la grand-messe annuelle d’Osheaga et le traditionnel Festival Western de Saint-Tite, qui n’ont pu avoir lieu l’été dernier dans la province. Ne voulant pas eux non plus tomber sous les coups de la COVID-19, d’autres organisateurs ont retroussé leurs manches et choisi de présenter des éditions virtuelles et réduites de leur rendez-vous. 

Les artistes des diverses régions ont ainsi pu briller en ligne grâce à des propositions modifiées, mais toujours chargées, qu’on pense au Festival international de la chanson de Granby, au Festival des traditions du monde de Sherbrooke, au Festival international de Jazz de Montréal ou au Festival Juste pour rire. 

À défaut de pouvoir diffuser du contenu original, d’autres événements ont pu piger dans leurs archives et livrer un condensé de culture bienvenu.

L’humour  

Mathieu Dufour
Photo courtoisie
Mathieu Dufour

Même si la pandémie ne portait pas à rire, beaucoup de comiques ont compris qu’il fallait trouver un moyen de se dilater la rate et d'oublier nos problèmes, ne serait-ce qu’une demi-heure ou une heure. 

Un mois à peine après avoir été confiné, Phil Roy a donc lancé le WiFi Comédie Club afin que, dans le confort de leur foyer, les gens puissent écouter les humoristes raconter des blagues et des histoires drôles. 

Au fil des mois, une pluie de courtes vidéos en tous genres s’est également abattue sur les réseaux sociaux et les chaînes YouTube. 

Arnaud Soly et Mathieu Dufour, alias Matt Duff, ont saisi la balle au bond et proposé des rencontres quotidiennes hilarantes à leurs admirateurs sur Instagram. 

Certains artistes ont profité de l’occasion pour taquiner leurs collègues et d’autres ont pris l’air, comme Sylvain Larocque, qui est allé jusqu’à présenter des numéros à des personnes âgées réunies sur les balcons de leur résidence.

Les musées  

Photo d'archives

Apprécier les oeuvres et les expositions à sa guise en se laissant porter d’une salle de musée à l’autre n’a pas son pareil. Par contre, toutes les réalisations et les objets chargés d’histoire qui sont conservés dans des lieux de culture peuvent s’exprimer autrement, même si les visites «réelles» ont été plus complexes cette année. 

À preuve, de prestigieux lieux comme le MoMA, le Louvre et le Château de Versailles avaient déjà réussi à inviter les gens dans des espaces virtuels. Chez nous, les portes web du Musée McCord et du Musée national des beaux-arts du Québec se sont aussi ouvertes, sans oublier que diverses activités ont été proposées en téléchargements. 

Soucieux de mousser les expositions, qui, espèrent-ils, recevront bientôt les visiteurs en chair et en os, différents musées ont déjà convié les journalistes, sur rendez-vous, à découvrir les nouveautés attendues.

Le cinéma  

Les comédiens Robin L'Houmeau, Éléonore Loiselle, Caroline Néron et Kelly Dépeault, en compagnie de la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette et de l'autrice Geneviève Pettersen sur le tapis rouge lors de la présentation du film La déesse des mouches à feu, le 17 septembre, au Festival de cinéma de la ville de Québec.
Photo courtoisie, Photobox Studio
Les comédiens Robin L'Houmeau, Éléonore Loiselle, Caroline Néron et Kelly Dépeault, en compagnie de la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette et de l'autrice Geneviève Pettersen sur le tapis rouge lors de la présentation du film La déesse des mouches à feu, le 17 septembre, au Festival de cinéma de la ville de Québec.

Pratiquement au point mort dans les salles obscures depuis maintenant plusieurs mois, le septième art a bénéficié d’un certain souffle grâce à la sortie du Tenet de Christopher Nolan. Mais le long-métrage n’a pas généré les recettes escomptées par le géant Warner. 

À Hollywood, on a donc misé gros sur le large éventail de plateformes de diffusion, proposant de multiples titres en achat (Les Trolls 2 - tournée mondiale et Wonder Woman 1984, entre autres) ainsi qu’en vidéo sur demande. 

De leur côté, bien des sorties du cinéma québécois ont été repoussées, et le séjour en salle de La déesse des mouches à feu, d’Anaïs Barbeau-Lavalette, a connu une fin abrupte au reconfinement d’octobre, après une seule semaine à l’affiche. 

Heureusement, en raison de la tenue d’événements virtuels, tels que le Festival international de films Fantasia et le Festival international du film black de Montréal, les maîtres d’œuvre du grand écran ont joui de belles vitrines. 

De plus, les chaînes télévisées ont fait bon usage des droits de nombreux longs-métrages d’ici et d’ailleurs. Télé-Québec, entre autres, nous a récemment gâtés de joyaux tels Gaz Bar Blues, de Louis Bélanger.