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Des scènes éprouvantes pour les services d’urgence

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Jérôme Marchand est responsable d’un programme de pairs aidants auprès des ambulanciers de Québec.

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Parfois hantés par des scènes pénibles, plusieurs membres des services d’urgence de la région de Québec devront essayer de tourner la page sur des images choquantes ou traumatisantes.

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Même si les policiers et ambulanciers paramédicaux sont formés pour intervenir, le volet humain peut parfois prendre le dessus après coup.

Le directeur du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Robert Pigeon, estime qu’il est un témoin privilégié du professionnalisme de ses troupes.

«Je leur dis à quel point je suis extrêmement fier de leur travail et la patience qu’ils démontrent, souvent dans des situations très complexes. Ils ont tout mon respect», explique-t-il.

Dans la structure du SPVQ, des policiers font un travail de «sentinelle» pour veiller les uns sur les autres. Des services en psychologie sont aussi disponibles. L’aumônier, un terme moins actuel, joue aussi un rôle important dans le soutien moral des individus.  

Période troublante

Depuis son arrivée à la tête du SPVQ il y a quatre ans, le chef Pigeon a été confronté à plusieurs événements tragiques, comme la tuerie de la mosquée.

«Nos policiers sont confrontés à des drames humains tous les jours et ils font un travail exceptionnel dans ces circonstances», a aussi commenté l’Inspecteur-chef Luc Belzile, de la Sûreté du Québec.

Pour sa part, l’ancien enquêteur Roger Ferland, désormais enseignant, lance un message aux jeunes recrues en formation.

«Très vite, on constate que chacune de ces scènes qui marquent l’esprit fait disparaître un peu de la naïveté de l’humain. C’est pourquoi je leur rappelle qu’il faut absolument avoir d’autres passions afin de se remettre en équilibre... et se libérer l’esprit de ces images.» 

Du côté des ambulanciers, on espère que le nouveau service de pairs aidants contribue à désamorcer certaines crises. 

«Le but est de faire ventiler. On veut que les gens parlent. On sentait qu’un soutien psychologique plus élargi était nécessaire», mentionne Jérôme Marchand, l’ambulancier responsable du projet. 

Des émotions intenses

Même s’il n’est pas psychologue, le programme lui tient beaucoup à cœur. Il s’agit en quelque sorte d’un filet de sécurité pour les 280 travailleurs du pré hospitalier de la CTAQ. Dans un contexte de COVID-19, la pression est élevée depuis des mois. «On passe tout le monde au radar. Ça peut faire une différence sur la façon de se rétablir», ajoute M. Marchand, fier de son groupe. 

«Personnellement, je n’ai jamais vu personne figer sur une intervention, mais c’est normal de vivre une émotion intense après.» 

En 2020, même les pompiers ont vécu une intervention tragique. Le 3 novembre, Marie-France Huez, 76 ans, a tenté de s’accrocher à la fenêtre de son logement situé au 4e étage de son immeuble en flammes en attendant les secours dans le Petit Champlain. 

Alors que les pompiers étaient à quelques secondes de la sauver avec l’échelle aérienne, la dame a fait une chute mortelle au sol.