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La diplomatie a dû se réinventer

La ministre des Relations internationales a vécu son lot de défis en 2020

la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault.
Photo Ben Pelosse La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault, ne cache pas sa fierté devant la créativité dont les représentations du Québec à l’étranger ont fait preuve en 2020. Sur la photo, la ministre dans ses bureaux de Montréal.

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Des frontières fermées, l’impossibilité de voyager, des missions annulées, des Québécois à rapatrier : la pandémie a amené son lot de défis à la diplomatie québécoise, qui a dû se réinventer comme jamais en 2020. En entrevue avec notre Bureau parlementaire, la ministre des Relations internationales, Nadine Girault, a revisité le chemin parcouru, hors des sentiers battus, par les représentants du Québec à l’étranger au cours de la dernière année.

Question : Lorsqu’on scrute les activités auxquelles les représentants du Québec à l’étranger ont participé cette année, on retrouve surtout des événements virtuels. La COVID-19 a dû certainement transformer les façons de faire ?

Réponse : « Au début, ç’a été une grosse déception, parce que moi, j’aimais beaucoup faire les missions, non seulement pour les missions elles-mêmes, mais surtout parce qu’on avait commencé le virage économique.

Quand on crée des relations d’affaires, quand on crée des relations diplomatiques, c’est beaucoup plus facile et surtout plus efficace de le faire en présentiel que de le faire par une vidéo ou une visioconférence.

Donc, oui, on a fait de gros ajustements. On s’est reviré sur un dix cents, pour utiliser une expression très québécoise. »

Q : L’arrivée de la pandémie en début d’année a dû représenter tout un défi. Comment avez-vous composé avec la situation ?

R : « Ça s’est fait en deux temps. Si on se souvient, en mars, c’était vraiment le pire moment de la première vague. [...] Notre diplomatie d’influence, les contacts qu’on a établis au cours des 50 dernières années, ont été très profitables et nous ont permis d’aller chercher le matériel dont on avait besoin, entre autres en Chine et aux États-Unis.

Ensuite, on a carrément monté une cellule de crise, chez nous. Il fallait rapatrier tous les Québécois qui étaient à l’extérieur. C’est passé sous silence, mais ç’a été un énorme travail pour de nombreuses délégations à travers le monde. Il y a beaucoup de travail qui s’est fait avec Affaires mondiales Canada pour être capable d’embarquer des Québécois sur des avions canadiens, et les rapatrier. »

Q : L’histoire risque d’être différente pour ceux et celles qui décideront de s’aventurer à l’étranger pendant les Fêtes ?

R : « Effectivement. Parce que là, contrairement à la dernière fois, ceux qui partent aujourd’hui, ils sont parfaitement au courant des risques qu’ils prennent. C’est vraiment à leurs risques et périls.

Moi, je n’irais pas en Floride, je ne voyagerais pas à l’extérieur, parce que je me dis : si on tombe malade, il se passe quoi ? Oui, c’est vrai qu’on peut avoir de bonnes assurances. Mais est-ce que les hôpitaux là-bas vont avoir la capacité de nous recevoir ? Vont avoir la capacité de nous soigner ? Pour moi, ce sont des points d’interrogation importants. »

Q : Et le « virage économique » que vous avez entrepris en début de mandat, il s’est poursuivi malgré tout ?

R : « Il y a des missions qui se sont faites quand même, de façon virtuelle. On a accompagné plusieurs entreprises qui voulaient faire des rencontres à l’étranger. On l’a fait de façon beaucoup plus personnalisée, avec des plus petits groupes. [...] Le virage, actuellement, il est fait au niveau des ressources. Ce qu’on est en train de faire, c’est opérationnaliser la mécanique de ce virage, pour amener des résultats [...] coordonner le tournant qu’on a pris avec Investissement Québec, le ministère de l’Économie et de l’Innovation, faire en sorte que tout ce monde-là travaille ensemble. »

Q : L’an dernier, vous avez dû vous retirer temporairement pour des ennuis de santé. On a ensuite appris que vous combattiez un cancer du poumon. Comment allez-vous ?

R : Ça va bien, je vous dirais que les traitements vont bien. 2021 va être encore plus fort. On se souhaite de la santé pour tout le monde !

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