/opinion/columnists
Navigation

AIR Incohérence

DOSSIER - VOYAGEURS DE RETOUR AU PAYS
MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL

Coup d'oeil sur cet article

Nous sommes en pleine crise sanitaire. C’est la cause de nos privations et de nos confinements. Cette crise domine très nettement tous les autres enjeux économiques, sociaux ou politiques fondamentaux dans nos esprits éprouvés. 

Elle exacerbe nos sensibilités et nos perceptions. Elle a atteint nos aînés, nos jeunes, nos familles, nos ami.e.s. L’ensemble de la société la subit. Et il en est de même dans tous les pays.  

Une ligne de défense poreuse 

Même avec l’avènement du vaccin, le combat contre la COVID-19 est loin d’être terminé. Et à l’évidence, il n’est pas mené avec le même souci de cohérence et la même rigueur d’un palier gouvernemental à l’autre. Les arrimages ne sont pas toujours en phase.

Crier au feu, confiner les gens et garder en même temps les frontières ouvertes pour des voyages non essentiels, où est la logique ?

Depuis le début de cette pandémie qui nous assaille depuis voilà bientôt un an, on tente quotidiennement d’anticiper les mauvais coups du virus dans une logique de défense qui fait du sens à Québec. 

Au fédéral, le fait de garder les frontières aériennes ouvertes à tous est une décision contre-productive dans l’effort d’endiguement de la COVID-19. Elle s’inscrit dans une incompréhensible incohérence.

De mars à décembre 2020

Déjà en mars 2020, on savait que le virus circulait. Dans les bateaux de croisières comme dans les avions. Mais malgré les appels du gouvernement Legault et de l’administration Plante, le gouvernement Trudeau faisait la sourde oreille. 

Il s’est entêté à garder les frontières ouvertes durant un certain temps. 

De l’Action de grâce aux congés de Noël et du Nouvel An, malgré la gravité de la situation, le gouvernement Trudeau les a maintenues ouvertes. 

Ottawa donne l’impression de n’avoir tiré aucune leçon du rôle des voyageurs dans la circulation du virus. 

L’expérience tablettée

L’égoïsme avéré des touristes du mois de mars 2020, en début de phase I de la pandémie, n’a pas été anticipé, ni pour l’Action de grâce ni pour les fêtes de Noël et du Nouvel An. 

Les cas de COVID-19 et les hospitalisations augmentent inexorablement au quotidien. La transmission communautaire bat son plein. Le personnel et le réseau de la santé sont sous pression et menaces permanentes. 

Des variantes du coronavirus émergent çà et là à travers le monde. Seulement une minorité de personnes sera vaccinée d’ici l’été. 

Compte tenu de la gravité de cette situation, pourquoi ne pas avoir purement et simplement interdit les voyages non essentiels dans le but de mieux juguler la circulation de la COVID-19 ?

Serait-ce pour se protéger du courroux des électeurs qui sont capables de contourner les règles en se payant des voyages au soleil et en recevant 1000 $ à leur retour ?

Nous sommes en pleine crise sanitaire. À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles dans la cohérence. La gravité et l’urgence de la situation l’exigent. 

Alors, de la cohérence, Monsieur le Premier Ministre Trudeau.