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COVID-19: les effets du délestage du printemps se font encore sentir au CHU de Québec

Ils ont causé des «dommages collatéraux» importants, dit le PDG du CHU de Québec

Quebec
Photo Stevens LeBlanc En entrevue de fin d’année au Journal, le PDG du CHU de Québec, Martin Beaumont, admet que 2020 a été « très difficile ». L’inhalothérapeute de formation confie qu’il a, à plusieurs reprises, eu envie d’enfiler son uniforme pour aller prêter main-forte sur le terrain.

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Au terme d’une année de «grands bouleversements», le PDG du CHU de Québec admet que le délestage massif effectué lors de la première vague au printemps dernier a occasionné des «dommages collatéraux» importants, dont les effets se font encore sentir aujourd’hui.

S’il pouvait revenir en arrière, il agirait différemment en délestant moins drastiquement, confie Martin Beaumont, lors d’une entrevue de fin d’année accordée au Journal. 

«Je me serais affirmé plus, j’aurais dit : on va prendre notre temps [...] Je le ferais comme on le fait actuellement, plus étape par étape», affirme-t-il.

Listes d’attente 

Les impacts de ce premier délestage sont importants, alors que les listes d’attente se sont considérablement allongées dans certains secteurs d’activités chirurgicales, pendant que des diagnostics se sont fait attendre pour certains patients, exacerbant ainsi leur maladie. «L’effet collatéral de ce délestage, on le traîne encore», dit-il.

« Ce sont des cancers qu’on ne dépiste pas, des patients qu’on ne traite pas, des patients qui ont de la douleur, ce sont des patients qui demeurent avec leur problématique et leur anxiété. [...] On sait que la maladie génère tellement d’anxiété que quand ils voient leur médecin, leur infirmière, leur professionnel, l’anxiété baisse. On sait qu’on a généré ça», se désole M. Beaumont.

Lorsque les premiers cas de COVID-19 sont arrivés au Québec, les cinq hôpitaux de Québec ont vu leurs activités être coupées de plus de 70 %. Un important coup de barre, qui a permis de libérer des dizaines de travailleurs, pour préparer les unités à recevoir les premiers patients atteints de la COVID-19.

Contre nature

Pour le PDG, le délestage est contre nature. «C’est vraiment rough [...] Les PDG d’établissements de santé, nous ne sommes pas programmés pour faire du délestage. Nous sommes programmés pour augmenter le service à la population, améliorer l’accès», lance-t-il.

Sur le plan personnel, l’homme derrière les cinq hôpitaux de Québec affirme par ailleurs avoir vécu l’année 2020 difficilement, surtout lorsqu’il pense à ses parents septuagénaires, résidents de Saguenay. 

«On veut donner l’exemple, respecter les règles, on fait du Skype, on les voit à distance [...] Même pour mes enfants, c’est difficile de ne pas les voir. Quand je suis venu travailler ici, c’était aussi pour me rapprocher d’eux et dans la dernière année, ç’a été difficile», confie M. Beaumont.

Plus « unis »

Malgré tout, il estime que la pandémie aura «soudé» la communauté du CHU de Québec. 

Du même souffle, le PDG tient à remercier le personnel du CHU de Québec pour sa résilience et ses efforts soutenus, tout au long de cette crise hors du commun. «Quand je fais mon 16 h par jour parfois, c’est parce que je veux le faire. Mais quand quelqu’un vient te voir et te met en temps supplémentaire obligatoire, ça n’a rien à voir», mentionne-t-il.

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