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Cette saison, Claude Julien n’aura pas d’excuses

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Photo d'archives, Ben Pelosse Claude Julien va entreprendre la saison avec une équipe nettement améliorée. Il lui revient de mener la troupe à bon port.

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Une nouvelle saison, écourtée, faut-il le rappeler. Une nouvelle saison marquée par plusieurs changements, tout d’abord au niveau des effectifs, et, également, au niveau de la structure opérationnelle.

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Ainsi, les équipes pourront garder dans leur entourage plus de joueurs que le maximum de 23. La ligue a créé un taxi squad de 4 à 6 joueurs. Les directeurs généraux pourront « s’amuser » à jongler avec leur personnel ; ils profiteront d’un plafond salarial moins exigeant en raison des circonstances.

Pour cette saison, les quatre premières équipes de chacune des divisions obtiendront une invitation pour le tournoi printanier... euh, pour le tournoi estival.

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Il y aura une division canadienne. Déjà, on croit que les Maple Leafs de Toronto avec leurs quatre joueurs de 40 M$ se démarqueront. Un instant, ce sont les mêmes quatre joueurs qui ont fait chou blanc lors des séries éliminatoires en 2019 et 2020, n’est-ce pas ? Alors...

À Toronto, Brendan Shanahan et Kyle Dubas sous sur le gril. Après tout, Shanahan est en place depuis sept ans et il n’a jamais remporté une seule série de fin de saison. Les médias de Toronto ont déjà lancé le message : ça passe ou ça casse.

Ça s’applique également pour Dubas. Il a multiplié les changements au cours des deux dernières années, il a dépensé des millions de dollars et, pourtant, les Leafs n’ont jamais répondu aux attentes... bien au contraire.

Une fiche à redorer

On peut affirmer que la fiche de Marc Bergevin au cours des cinq dernières années entre dans la même catégorie que celle des décideurs des Leafs. Un dossier pas très reluisant, on est tous d’accord... N’eût été la pandémie qui a changé la donne, il aurait passé de longs moments au banc des accusés. Le Canadien s’apprêtait à rater les séries éliminatoires pour une quatrième fois en cinq ans. On ne reviendra pas sur son parcours, on le connaît bien.

Mais, Bergevin est un battant, ce qu’il a accompli au cours des derniers mois confirme qu’il ne craint pas de prendre des risques, il a donc décidé de jouer le tout pour le tout, all-in, disent les joueurs de poker. Qu’a-t-il à perdre ? Le statu quo aurait été un suicide professionnel. Pas étonnant qu’il affichait, hier, le visage d’un homme optimiste, lors de son point de presse. Au cours des derniers mois, il a changé la personnalité de son équipe.  

Il est convaincu qu’il possède dans sa main toutes les cartes pour chasser le doute et surtout pour raviver l’espoir chez les amateurs. Sur ce point, il a franchi la première étape. On croit justement que ce sera une saison intéressante avec une équipe différente.

Son contrat se termine dans deux ans, à la conclusion de la saison 2021-22. D’ici ce temps, le président et propriétaire Geoff Molson qui lui a accordé toute sa confiance depuis son embauche et qui, pendant l’entre-saison cet automne, lui a permis de faire des investissements de plusieurs millions de dollars, aura les arguments nécessaires pour prendre une décision même si son directeur général est un vendeur impressionnant.

Pour l’instant, il a fait son boulot et son propriétaire va à ravir.

Passer aux actes

Maintenant, c’est à Claude Julien de passer aux actes. Bergevin lui confie une équipe avec un gardien de premier plan, un auxiliaire qui a fait ses preuves. Il dirigera l’une des brigades défensives les plus imposantes et les plus expérimentées de la division canadienne et de la Ligue nationale à cet égard.

Et l’attaque pourra miser sur trois trios équilibrés, trois lignes dont les pivots seront deux jeunes joueurs avec de belles qualités, deux jeunes qu’on a entourés de vétérans aguerris et offrant une polyvalence qui assure à l’entraîneur plusieurs options.

Claude Julien a souvent répété l’an dernier : « On fait avec ce qu’on a . » C’est ce qu’il avait claironné.

Cette saison, il n’aura pas d’excuses.

Les attentes sont élevées. Les décideurs ont réagi aux événements, l’entraîneur et ses adjoints devront compléter le boulot. Cependant, ils savent que ce ne sera pas toujours le parfait bonheur.

Ils ne se dirigent pas vers l’inconnu sauf qu’il y a toujours les impondérables.  

  • Jesperi Kotkaniemi poursuivra-t-il sur sa lancée de cet été ?  
  • Nick Suzuki connaîtra-t-il les mêmes succès dans une division qui l’opposera plus souvent qu’à l’habitude à des centres comme Connor McDavid, Elias Pettersson, Mark Scheifele et Auston Matthews ?  
  • Shea Weber aura-t-il toutes les ressources pour compétitionner au même niveau que les meilleurs patineurs de la division ?  
  • Carey Price affichera-t-il le même aplomb que lors des matchs des séries éliminatoires ?    

C’est dans l’adversité qu’on reconnaît les athlètes les plus doués... et également les entraîneurs les plus rusés.

Une belle saison en perspective. Une saison qui soulèvera, à n’en pas douter, les passions. Le Canadien a servi un apéro, il y a quelques mois, que réserve-t-il maintenant ?

Ce sera une saison significative pour bien des membres de la haute direction... pour le directeur général et pour l’entraîneur... et pour quelques patineurs qui n’ont toujours pas de contrat en vue de la saison de 2021-2022... 

Dubois, un cas mystérieux   

Ne trouvez-vous pas étrange que Pierre-Luc Dubois ait signé une entente de deux ans pour 10 M$ ? Dans les standards d’aujourd’hui, un joueur de concession obtient habituellement un contrat de plusieurs années et pas mal plus de dollars.

Que trament Dubois et son agent Pat Brisson ? Jarmo Kekalainen, le DG des Blues Jackets de Columbus, ne veut pas discuter du contrat. Dubois et Brisson non plus. Mais selon des collègues, la rumeur se veut de plus en plus persistante sur les intentions de Dubois de quitter les Blue Jackets.  

Kekalainen qui se plaît à faire la vie dure à ses jeunes joueurs prometteurs lors des négociations pourrait-il se retrouver dans une situation délicate ? John Tortorella n’a pas hésité une seconde à répondre à savoir comment il entend réagir avec la perspective que Dubois veuille quitter Columbus : « Je vais agir comme je l’ai fait avec Bobrovsky et Panarin. »

J’imagine que Marc Bergevin est bien informé sur le sujet et qu’il portera une attention particulière à ce dossier.

Dans le cas de Mathew Barzal qui est demeuré chez lui plutôt que de se présenter au camp d’entraînement des Islanders de New York, il n’apprécie pas du tout la façon dont les négociations se déroulent avec Lou Lamoriello.