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Continuez de prendre vos pilules!

H1N1 influenza vaccination
Photo d’archives

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Savez-vous quand on a assisté à une recrudescence des cas de sida et à un relâchement des pratiques sécuritaires ?

Quand on a annoncé l’arrivée de la trithérapie. 

Les gens à risque se sont dit : « Enfin, le sida est derrière nous ! », et ils ont recommencé à baiser sans porter de condom, comme si la maladie n’existait plus et qu’on l’avait éradiquée. 

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec le Dr Réjean Thomas, fondateur et directeur général de la clinique médicale l’Actuel, sur QUB radio:

UNE CHOSE ET SON CONTRAIRE

C’est ce qui risque de se passer avec l’actuelle pandémie.

« La COVID ? Mais c’était en 2020, ça ! Nous sommes en 2021 et les gens commencent à se faire vacciner ! Tout ça est de l’histoire ancienne... On peut enfin tourner la page et recommencer à vivre ! »

Ce moment que j’appellerais « entre les deux » est crucial. 

On pense que tout est réglé, alors que ce n’est pas le cas. 

Résultat : les gens baissent la garde, et le nombre de cas (et d’hospitalisations, et de décès) se remet à augmenter en flèche.

En fait, je dis « Ça risque de se passer », mais ce n’est pas ça.

C’est EN TRAIN de se passer. 

D’où l’importance, pour les autorités, de lancer un message clair : « On a beau avoir autorisé la distribution de vaccins, la situation est toujours sérieuse, on n’est pas sorti du bois. Ça va prendre encore plusieurs mois avant qu’on commence à apercevoir une lueur au bout du tunnel... »

Or, quand le gouvernement dit : « On vous permet d’aller en voyage dans le Sud, mais on vous le déconseille », il fait tout sauf lancer un message clair.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Il émet un message ambigu. Il dit une chose et son contraire. 

Monsieur et madame Tout-le-Monde entendent ça et se disent (non sans raison) : « Si le gouvernement nous permet de voyager, c’est que la situation n’est pas très dangereuse. Car si elle était dangereuse, les autorités nous interdiraient d’effectuer des voyages non essentiels, comme elles l’ont déjà fait... »

Pensez à vos enfants. Si vous leur dites « Je vous déconseille de manger des bonbons avant le repas, mais je ne vous l’interdis pas », qu’est-ce qu’ils vont faire, selon vous ?

Ils vont prendre le bout de la phrase qui fait leur affaire.

Ça s’appelle « être humain ».

COMME DES DÉPRESSIFS

Les gouvernements soufflent le chaud et le froid.

D’un côté, ils veulent nous donner espoir, nous dire qu’on est sur la bonne voie, que les sacrifices que nous avons faits ont porté fruit et que nous ne nous sommes pas enfermés en vain – bref, que la situation s’améliore.

Et de l’autre, ils veulent que nous continuions à respecter des consignes strictes pour éviter que la situation ne s’empire.

Résultat : on ne sait plus sur quel pied danser. 

On « slaque » ou pas ? 

Comme m’a dit mon ami Guy Perkins, les gens se comportent comme un dépressif qui arrête de prendre ses médicaments parce qu’il se sent bien. 

« Je ne fais plus de crise ? Je n’ai plus besoin d’antidépresseurs ! »

Mais non, Chose, c’est le contraire ! C’est PARCE QUE TU PRENDS des antidépresseurs que tu ne fais plus de crise !

Arrête ta médication, et tu vas retomber !

Idem pour la COVID : la meilleure façon de s’assurer que la situation traîne en longueur est de nous comporter comme si nous avions gagné la bataille. 

Encore un effort, les amis !