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La crise a aussi eu de bons côtés

REMÈDES - Medicago
Photo courtoisie

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Deux personnes que j’aime beaucoup attendent depuis des mois pour des chirurgies.

Elles viennent de se faire donner une date. 

Leurs opérations seront-elles annulées au dernier moment par l’afflux dans les hôpitaux de ceux qui ont étalé toute leur crétinerie ces derniers jours ?

« Sur mes neuf patients, j’en ai seulement deux qui ne sont pas là à cause d’une tricherie du temps des Fêtes », disait hier le chef des soins intensifs de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

« On a vraiment étiré l’élastique. On arrive à un moment où des décisions difficiles devront être prises », ajoute Fatima Tokhmafshan, du CUSM.

Positif

J’attends moi aussi depuis des mois pour une intervention mineure. 

Zéro suivi. On m’a perdu dans les méandres de la bureaucratie hospitalière.

Et voici maintenant que l’adolescent en chef à Ottawa patine après avoir découvert que les tatatouristes étaient admissibles à une aide de 1000 $, financée par vous et moi, pour se mettre en quarantaine... ce que ne fera pas la majorité.

Bref, il serait facile de faire une autre chronique pour tirer à boulets rouges sur une abondance de cibles juteuses.

C’est d’autant plus tentant que, croyez-en mon expérience, une chronique négative est infiniment plus lue qu’une chronique positive.

Je tenais pourtant à vous parler d’au moins quatre aspects très positifs de cette année 2020 à nulle autre pareille.

D’abord, cette crise a mis en lumière des injustices flagrantes.

Celle entre les vieux entourés et les vieux seuls, celle entre les enfants que les parents peuvent aider sur le plan scolaire et les autres, celles entre ceux qui avaient la possibilité de travailler à la maison et les autres, etc.

The Economist rapporte que 60 % des emplois qui paient plus de 100 000 $ par année peuvent se faire de la maison, alors que c’est seulement 10 % pour les emplois qui paient moins de 40 000 $.

Les pauvres sont objectivement plus exposés au risque sanitaire. 

Les politiques futures devront en tenir compte. On ne pourra plus prétendre qu’on ne savait pas.

La crise a aussi forcé nombre d’entreprises à se réinventer.  

Elles ont fait en quelques semaines des transformations qui auraient pris des années, voire qu’elles n’auraient jamais envisagées.

La crise a également suscité une mobilisation sans précédent de la communauté scientifique pour trouver un vaccin dans un temps record.

Au moment où les complotistes font tout pour miner sa crédibilité, on ne pouvait imaginer démonstration plus éloquente de l’importance de la science, la vraie.

Ici encore, les politiques futures devront en tenir compte.

Enfin, ces longs mois de confinement ont conduit nombre d’entre nous à revisiter leurs priorités.

Justement parce qu’ils nous ont manqué, nous avons redécouvert l’importance de nos parents et de nos amis. 

Occasion

Solidarité, inventivité, savoir authentique, fraternité...

Au fond, cette crise a fait voir le pire, mais aussi le meilleur de l’être humain. 

On dit souvent que les crises sont des occasions de se réinventer partiellement. On verra bien.