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Les Bourses totalement épargnées par la crise

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En cette période de guerre contre la COVID-19 et contre son impact économique destructeur, on l’a échappé belle en 2020 alors que les marchés financiers ont finalement bouclé l’année avec des gains importants.

Avec un simple portefeuille équilibré (25 % en actions canadiennes, 25 % en actions étrangères et 50 % en obligations canadiennes), vous avez des chances de vous en tirer avec un rendement d’environ 9,2 % en 2020, selon les projections de rendement effectuées par la firme Aubin Actuaire--- Conseil.

  • Écoutez la chronique de Michel Girard avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Et notez que tout le monde profite de la bonne performance des marchés financiers en 2020, que ce soit par l’entremise de son portefeuille personnel (ou de fonds communs), du portefeuille de son fonds de pension d’employeur ou des portefeuilles gouvernementaux (RRQ, ministère des Finances, des employés de l’État, etc.) gérés par la Caisse de dépôt et placement du Québec. 

OUF !

Après la déconfiture de février et mars derniers, où les bourses plantaient de 30 % à 40 %, nous avons eu droit à un spectaculaire redressement qui a eu pour effet de ramener les grands indices bousiers en territoire positif. Selon Aubin Actuaire, en voici le rendement, en incluant les dividendes. 

  • S&P/TSX Canada : 5,6 % 
  • S&P 500 États-Unis : 18,4 % 
  • MSCI Europe : 3,5 % 
  • MSCI Pacifique : 10,0 % 
  • MSCI Marchés émergents : 16,2 % 
  • MSCI Monde : 13,9 %  

Pour sa part, l’indice québécois IQ‐120 (composé de 120 sociétés québécoises inscrites en Bourse) a rapporté un rendement de 7,4 %. 

À ces résultats boursiers, s’ajoute une performance « exceptionnelle » du marché obligataire canadien. 

  • FTSE Obligations univers : 8,7 % 
  • FTSE Obligations long terme : 11,9 % 
  • FTSE Obligations rendement réel : 13,0 %    

GRÂCE À QUOI ?

La performance financière de 2020 est en soi un véritable tour de force qui a été rendu possible grâce aux plans d’intervention financière massive de tous les gouvernements des pays industrialisés.

Ces plans gouvernementaux de survie économique ont permis de soutenir financièrement les travailleurs et les entreprises victimes de la pandémie de coronavirus.

Tous les pays, en Amérique du Nord, en Europe ou en Asie, se sont surendettés par-dessus la tête comme jamais auparavant.

Le Canada en est le plus bel exemple avec son actuel déficit de 380 milliards de dollars, lequel est 20 fois supérieur au déficit qui était prévu pour l’exercice 2020-2021, avant d’être frappé par la COVID-19.

L’ENDETTEMENT, ON S’EN BALANCE !

Aussi fou et déséquilibré soit-il, le surendettement soudain des pays est passé sur le dos des grands gestionnaires de portefeuilles institutionnels comme l’eau sur le dos d’un canard.

Pour eux, soutenir l’économie, en « imprimant » notamment de l’argent (par l’entremise des banques centrales, comme l’ont fait la Réserve fédérale et la Banque du Canada en soutenant les lourds déficits de leurs gouvernements respectifs), s’avérait la meilleure stratégie de survie financière que pouvaient mettre en place les gouvernements.

Cela les a rassurés au point où les grands gestionnaires de portefeuilles s’attendent à ce que les entreprises rapportent en 2021 une croissance de leurs bénéfices et dividendes.

Cette prévision leur semble d’autant plus plausible que la vaccination massive contre la COVID-19 devrait, d’ici la fin de l’année, entraîner un retour vers la vie normale !