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Les écoles juives orthodoxes encore ouvertes

Des «rassemblements illégaux», selon les policiers

À l’école communautaire sur la rue Durocher, des dizaines d’enfants étaient massés près des fenêtres lors du passage du Journal.
Photo Agence QMI, Maxime Deland À l’école communautaire sur la rue Durocher, des dizaines d’enfants étaient massés près des fenêtres lors du passage du Journal.

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Malgré des plaintes répétées et des rencontres quotidiennes avec les policiers, des écoles juives orthodoxes continuent de donner des cours sur place: une situation «inacceptable», selon le gouvernement. 

Massés près des fenêtres, tapant leurs mains contre la vitre et criant à tue-tête, des dizaines d’enfants saluaient les passants hier matin depuis leur salle de classe d’une école juive orthodoxe située dans le quartier Outremont à Montréal. 

Pourtant, depuis le 17 décembre et jusqu’au 10 janvier, le gouvernement du Québec a ordonné la fermeture obligatoire des écoles partout dans la province, pour limiter la propagation de la COVID-19. 

Malgré cela, au moins trois d’entre elles poursuivaient leurs activités habituelles hier dans le quartier d’Outremont, accueillant des dizaines et des dizaines d’enfants issus de la communauté juive ultra-orthodoxe de Montréal, selon ce qu’ont pu constater Le Journal et l’Agence QMI. 

À l’école communautaire sur la rue Durocher, des dizaines d’enfants étaient massés près des fenêtres lors du passage du Journal.
Photo Agence QMI, Maxime Deland

Inacceptable

«Cette situation est inacceptable. La directive est claire [...] Les établissements qui ne respectent pas les consignes s’exposent à des amendes. Aucune exception. Les autorités ont tous les pouvoirs pour intervenir», a fait savoir hier l’attachée de presse du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Elle précise que «tous les établissements scolaires doivent participer à l’effort collectif et se conformer aux règles», en ajoutant qu’un rappel des consignes a d'ailleurs été effectué auprès de ces écoles.

Plusieurs voisins ont également manifesté leur mécontentement, eux qui voient les enfants quitter l’école par centaine à chaque jour. L’un d’entre eux a même filmé la sortie des classes la veille, incrédule. 

Au moins une centaine de jeunes quittent l’école communautaire Belz chaque jour, selon des voisins.
Photo Agence QMI, Maxime Deland
Au moins une centaine de jeunes quittent l’école communautaire Belz chaque jour, selon des voisins.

«Ce n’est pas seulement que ça m’inquiète, c’est que ça m‘insurge aussi. On fait tous un effort. Mes trois enfants sont dans la maison, en confinement, et ils voient par leur fenêtre des centaines d’élèves à l’école. C’est insensé», soupire celui qui a demandé l’anonymat.

Selon nos sources, le gouvernement évalue présentement ses options pour intervenir. 

Rapports quotidiens

De son côté, le Conseil des juifs hassidiques du Québec maintient qu’il ne contrevient pas au décret gouvernemental en gardant ses écoles ouvertes puisque les cours ne peuvent se donner à distance, les enfants n’ayant pas accès à internet chez eux.

«Nous croyons non seulement être en droit, mais également avoir le devoir de garder nos écoles ouvertes pour le bien des enfants de nos communautés», estime Max Lieberman, porte-parole du Conseil.

À l’école communautaire sur la rue Durocher, des dizaines d’enfants étaient massés près des fenêtres lors du passage du Journal.
Photo Agence QMI, Maxime Deland

Toutefois, des rapports d’infractions généraux (RIG) sont rédigés quotidiennement par le SPVM dans les différentes écoles, rapportent nos sources. Les dossiers sont ensuite soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), pour déterminer si des amendes seront remises.

Même son de cloche à Boisbriand, où une importante communauté juive orthodoxe continue de donner des cours en classe. Ces derniers sont cependant traités comme des rassemblements illégaux par la police de Thérèse-De Blainville. 

«Tous les appels sont pris au sérieux, les policiers se déplacent et leurs observations sont toujours colligées dans un rapport d’infraction générale qui est rédigé et soumis à la direction du DPCP», souligne l’inspecteur Martin Charron. 

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