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Turquie: 17 arrestations après une manifestation d'étudiants

Turquie: 17 arrestations après une manifestation d'étudiants
Photo AFP

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Istanbul | La police turque a arrêté mardi 17 personnes au lendemain d’une manifestation à Istanbul de centaines d’étudiants de l’université du Bosphore contre la nomination d’un recteur proche du parti du président, Recep Tayyip Erdogan. 

Des policiers ont effectué des descentes à l’aube dans 13 quartiers de la ville, a indiqué dans un communiqué la police d’Istanbul, selon laquelle l’opération se poursuit, 11 autres suspects étant encore recherchés.

Lundi, un millier de personnes avaient manifesté près du campus de l'université du Bosphore pour protester contre la nomination, par un décret du président Erdogan, de Melih Bulu, 50 ans, à la tête de ce prestigieux établissement public où l'enseignement se fait en anglais et qui a formé une partie de l'élite du pays.

La nomination de cette personnalité extérieure à l'université, qui avait tenté en 2015 de briguer un mandat de député sous les couleurs du Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan, a provoqué un tollé.

Outre ses liens avec l'AKP, c'est sa nomination par décret présidentiel qui a provoqué la colère d'étudiants et d'enseignants.

Si le dirigeant de l'université du Bosphore était autrefois élu, M. Erdogan s'est arrogé le pouvoir de nommer les recteurs dans la foulée d'une tentative de putsch en 2016, suivie d'une ferme reprise en main de toutes les institutions.

Cette année-là, M. Erdogan avait scandalisé les milieux académiques en nommant pour la première fois un recteur pour remplacer la directrice populaire de l'université du Bosphore, élue quelques jours avant le putsch avorté.

La police accuse les 28 suspects d'avoir contrevenu à la loi sur les manifestations et d'avoir «résisté à un policier dans l'exercice de ses fonctions».

Un responsable au quartier général de la police à Istanbul a affirmé que les personnes arrêtées n'étaient pas des étudiants, mais des membres de «groupes de gauche extrêmement marginaux» soutenant les protestataires.

Bastion traditionnel d'une forte communauté d'étudiants de gauche, l'université du Bosphore a plusieurs fois été la cible des autorités ces dernières années.

Malgré les arrestations, de nouvelles manifestations sont prévues mercredi.