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Un Gatinois perd un million $ au Québec Max à son insu

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Photo d'archives Agence QMI, Joël Lemay

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Un Gatinois devenu millionnaire sans le savoir a aussi perdu son gros lot à son insu quand son billet du Québec Max est venu à échéance lundi. Et ça risque d’arriver à deux autres gagnants de loterie ce mois-ci. 

Enfoui sous une pile de bas dans le fond d’un tiroir, laissé dans une vieille sacoche passée mode ou enterré à jamais avec les souvenirs d’un être cher: nul ne sait ce qui est advenu de ce billet à la combinaison gagnante (02-09-10-16-25-29-49) du tirage du 5 juillet 2019.

Loto-Québec a tenté en vain de trouver la personne possédant le bout de papier chanceux. La date d’échéance pour réclamer le gros lot, qui est règle générale d’un an, a même été prolongée de six mois en raison de la pandémie.

«Nous avons diffusé sept communiqués de presse qui incluaient ce lot non réclamé, sans compter plusieurs mentions sur les médias sociaux et entrevues», a expliqué Renaud Dugas, porte-parole pour la société d’État.

Du coup, le détaillant qui a vendu le billet gagnant ne verra jamais la couleur de sa commission de 10 000 $.

Renaud Dugas
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Renaud Dugas

Rare

Selon Loto-Québec, il est rare que des lots d’un million $ ou plus ne soient pas réclamés. Dans 98 % des cas, les gagnants de tels montants se manifestent dans les deux à trois semaines suivant le tirage.

Cette récente occurrence est toutefois loin de battre le record de 8,2 millions $ qui est resté sans preneur à Rivière-du-Loup en 2012. Tout comme les autres cagnottes non réclamées, ce montant du tirage du Lotto 6/49 du 22 octobre 2011 est retourné dans l’enveloppe globale redistribuée aux joueurs sous forme de lots bonis et de tirages spéciaux.

La société d’État cherche par ailleurs deux autres gagnants qui risquent de perdre de grosses sommes ce mois-ci.

Le premier billet vient à échéance ce mercredi avec en jeu un montant de 500 000 $ issu du tirage du Lotto Max du 7 janvier 2020 (07-10-17-20-38-43-49), acheté dans l’arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil.

L’autre, de 1 million $, résultat de l’Extra du 24 juillet 2019 (5823177) vendu dans la MRC de Thérèse-De-Blainville, sera chose du passé le 22 janvier, ce dernier ayant déjà bénéficié de la période de prolongation.

Seuls les détenteurs de billets gagnants, dont la date d’expiration se situait entre le 17 mars et le 17 septembre 2020 inclusivement, ont bénéficié de six mois supplémentaires pour réclamer leur lot, a expliqué Loto-Québec.

Marc Tassé
COURTOISIE
Marc Tassé

Légal, mais immoral

L’établissement d’une date limite par Loto-Québec pour réclamer un lot est légal, mais il serait immoral d’un point de vue éthique, selon des experts.

«En droit, il existe le principe de la prescription, ce qui signifie qu’il s’agit d’un moyen d’acquérir ou de se libérer par l’écoulement du temps et aux conditions déterminées par la loi», a expliqué Me Josée Therrien du cabinet d’avocats Verreau Dufresne qui traite, entre autres, de cas liés à la protection du consommateur.

Dans une décision rendue en 2004, la Cour du Québec a confirmé l’applicabilité de ces règlements en mentionnant que la référence au verso d’un billet constitue une clause externe valide qui n’est ni abusive ni déraisonnable.

Pour l’expert en éthique et professeur à l’Université d’Ottawa Marc Tassé, cette règle, bien qu’elle soit légale, n’est pas nécessairement morale.

«Je considère que Loto-Québec ne devrait pas imposer de date limite, a-t-il dit. Il faudrait à tout le moins que la clause de non-responsabilité soit davantage mise en évidence, surtout que plusieurs personnes qui achètent des billets n’ont pas connaissance de cette règle, voire que certaines n’ont pas le niveau de compréhension requis pour bien la saisir.»

Au cours des quatre dernières années, la moyenne annuelle des lots non réclamés auprès de Loto-Québec est de six millions $.