/news/coronavirus
Navigation

Une dose pour le plus grand nombre, le plus vite possible

La deuxième dose peut attendre, ne la stockez pas, disent des scientifiques

moderna, vaccin, covid-19
Photo courtoisie On voit ici les premières doses du vaccin Moderna livrées au Canada le 28 décembre. Elles ont été expédiées en priorité dans le nord du pays. Lundi, les provinces avaient administré moins du tiers des vaccins que le fédéral leur a livrés.

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | Des scientifiques appellent à retarder l’administration d’une seconde dose de vaccin afin d’administrer rapidement au moins une injection au plus grand nombre de gens possible.

• À lire aussi: La 2e injection du vaccin Pfizer peut être retardée dans certains cas

• À lire aussi: Des failles dans le plan de vaccination de Québec?

Les fabricants des deux vaccins actuellement homologués au Canada, Moderna et Pfizer, recommandent d’administrer deux doses à trois ou quatre semaines d’intervalle pour assurer une efficacité optimale.

  • Écoutez l'entrevue de l'analyste Patrick Dery avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Pour cette raison, plusieurs juridictions stockent des vaccins au congélateur entre les deux injections. L’objectif est de s’assurer que d’éventuels délais de livraison n’empêchent pas d’avoir en main la seconde dose dans les temps requis.

Gary Kobinger.
Médecin
Photo d'archives
Gary Kobinger. Médecin

Mais le Dr Gary Kobinger, qui a codéveloppé le vaccin contre l’Ebola, indique au Journal avoir recommandé au gouvernement du Québec d’administrer une première dose au plus grand nombre possible, quitte à retarder la seconde injection. 

« Ce qu’on a vu dans les études sur la vaccination en général, c’est que plus on attend [pour la seconde dose], mieux c’est. Et après six mois, c’est optimal », dit le chercheur au Département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie de l’Université Laval.

Pour le Dr Kobinger, il faut battre de vitesse la pandémie en cassant la chaîne de contamination rapidement, sinon on risque de devoir vivre avec le virus pour encore plusieurs années.

30 % de cas évités

Ashleigh Tuite de l’École de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto, et son collègue Joshua Salomon de l’Université Stanford, en Californie, sont du même avis.

Dans une analyse publiée mardi dans la revue scientifique Annals of Internal Medicine, ils calculent que, sur une période de huit semaines, 27 à 32 % des nouveaux cas de COVID pourraient être évités en donnant une seule injection.

Interrogée à ce sujet, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la Santé publique du Canada, n’a pas découragé cette stratégie. À l’inverse, son homologue américain, le Dr Anthony Fauci, recommande de suivre à la lettre les règles des fabricants.

M. Fauci s’oppose à l’avis du Dr Moncef Slaoui, le conseiller scientifique de l’opération Warp Speed, qui considère même l’option de diluer les doses.

Pour Gary Kobinger, cette option ne doit pas être écartée. Il souligne que des doses de vaccin contre l’Ebola et la fièvre jaune ont été diluées avec succès.

« En état d’urgence, les compagnies ne veulent pas manquer leur coup. Donc, elles en donnent plus pour être certaines que ça fonctionne, explique-t-il. Mais je suis certain qu’avec le temps, on va en donner moins sans diminuer significativement l’efficacité. »

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

Voir tous les chiffres