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Couvre-feu: des Québécois acceptent le «traitement-choc» de Québec

Les personnes qui vivent seules appréhendent le plus ce deuxième confinement

Mont-Saint-Hilaire
Photo Erika Aubin Martine Côté, une mère de cinq enfants de Mont-Saint-Hilaire, profitait des rayons du soleil dans un parc de son quartier mercredi après-midi, avec ses triplets.

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Des Québécois se résignent à encaisser le « traitement-choc » exigé par le gouvernement, même si certains craignent qu’il ne suffise pas à casser la deuxième vague de COVID-19 une fois pour toutes. 

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« On va s’adapter, mais ce n’est pas facile, laisse tomber Graziella Bolivia, une Montréalaise et mère de trois enfants. Il faut le faire. C’est pour le bien de la population même si l’économie va en payer le prix. » 

Des Québécois interrogés par Le Journal en fin de journée mercredi profitaient du soleil pour se réunir – à deux mètres de distance – à l’extérieur en attendant le confinement de quatre semaines qui entrera en vigueur dès samedi.

Loin de s’en réjouir, ils tenteront malgré tout de s’en accommoder.

« On est résigné. Si c’est ça que ça prend, on va le faire », signale Marie-Christine Fillion, mère de trois enfants et résidente de Mont-Saint-Hilaire.

Martine Côté, de Mont-Saint-Hilaire, applaudit par ailleurs la résilience des petits, elle qui a cinq enfants. « Parfois, ils écoutent mieux les consignes que les adultes, dit-elle. Ils sont moins portés à confronter les règlements même s’ils sont tannés. »

Un couvre-feu sans grand impact

Pour plusieurs, le couvre-feu imposé entre 20 h et 5 h « ne changera pas grand-chose », disent-ils, puisque le froid et la tombée du jour hâtive du mois de janvier les incitent déjà à rester au chaud.

« Je ne sors pas le soir et encore moins l’hiver. Ça ne changera pas ma vie », explique Cécile Trudeau. L’octogénaire qui habite seul dans un appartement, à Montréal, « garde le moral » face à ce nouveau confinement. 

« Avec les enfants, on est toujours à la maison à cette heure-là », résume pour sa part Graziella Bolivia.

Pour d’autres, ce deuxième confinement auquel s’est ajouté un couvre-feu est plus difficile à avaler.

« Je suis au bord du désespoir. Je ne m’attendais jamais à vivre un couvre-feu. De ne pas pouvoir sortir de chez moi pour aller visiter un ami ou faire du jogging, je trouve ça complètement loufoque », raconte Nicolas, un travailleur autonome de Montréal âgé de 31 ans.

Quant à Andréanne, qui habite seule à Québec, elle se dit « mitigée ».

« Je comprends que le couvre-feu va empêcher les rassemblements privés, sauf qu’en tant que personne seule, je vais trouver les soirées longues. Je vais tourner en rond. Je ferai de la fuite dans le sommeil. »

Petite peur

De son côté, Huguette Courville craint que le confinement perdure au-delà de quatre semaines.

« Ça vient me chercher ; j’ai une petite peur. C’est dur de ne plus voir la famille et de ne plus aller au resto », dit la Montréalaise qui s’estime « très bien entourée » par ses proches même si elle vit seule.

Pour briser la solitude, la septuagénaire s’est lancée dans une nouvelle activité de bénévolat.

« Deux fois par semaine, je parle au téléphone avec des personnes seules, confie-t-elle. Je fais du bénévolat pour les autres, mais en même temps, c’est moi que ça aide. » 

Ce qu’ils ont dit 

« Ma fille pourra ainsi socialiser et ça n’a pas de prix. Malgré le danger, je crois que l’apprentissage en classe est essentiel. »

– Marie-Christine Sergerie, une enseignante et mère de deux enfants, soulagée que l’école reprenne le 11 janvier

« Je suis très satisfaite des mesures prises, vu la situation. Pour mon fils Gabriel, 8 ans, ça lui va maintenant de devoir porter un masque à l’école. Il dit qu’il protège sa mamie en faisant ça. Les enfants ont une super capacité d’adaptation. »

– Mélanie Plouffe, mère de deux enfants de 8 et 16 ans

« Ce deuxième confinement va faire du bien pour les gens qui n’ont pas compris qu’on est dans une pandémie. On trouve ça plate d’être punis pour les personnes qui n’ont pas suivi les mesures. »

– Graziella Bolivia, mère de trois enfants

« Je ne pense pas que ça va aider. Les gens vont continuer de faire ce qui se trouve dans leur zone de confort. Ceux qui sont inconfortables à l’idée d’être avec d’autres personnes, de prendre le transport en commun, de sortir vont continuer à ne pas le faire. Mais mettre un couvre-feu ne va pas changer grand-chose. »

– Camilla, mère d’une fillette

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