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Des parents angoissent déjà par rapport à l’école à la maison

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Plusieurs parents admettent avoir pleuré mardi matin quand ils ont appris qu’ils devront sans doute recommencer à concilier télétravail et encadrement de l’école à la maison pendant des semaines.

Avec le reconfinement total qui risque d'être annoncé mercredi, tout porte à croire que les écoles ne rouvriront pas comme prévu le 11 janvier prochain.

«Je ne sais pas comment on va faire. C’est vraiment un casse-tête de fou», soupire Marianne Palardy, 41 ans.

Elle prévoit déjà travailler une douzaine d’heures de moins cette semaine afin d’encadrer son fils de 6 ans, qui est en 1re année. 

  • «Un enfer attend les parents» - écoutez la chronique de Geneviève Pettersen à QUB Radio :  

Au primaire, les cours virtuels ne durent en général qu’une ou deux heures par jour, selon les témoignages recueillis. Le reste du temps, l’enfant doit s’organiser avec les exercices et leçons qui seraient normalement faits à l’école... ou plutôt, être encadré par un parent.

«À cet âge, ils ne sont pas autonomes», constate Mme Palardy.

Marie-Alexandre Kérouac, 40 ans, a même décidé de refuser un contrat de travail comme assistante-réalisatrice ce mois-ci, car elle soupçonnait qu’elle aurait à faire l’école à la maison avec ses deux jeunes de 6 et 9 ans.

«Des fois, c’est le micro qui ne marche pas, ou encore le lien [web]. Si on lui demande d’aller chercher sa grammaire, je vais me faire poser la question : ‘’maman, elle est où ma grammaire?’’», illustre-t-elle.

Tolérance zéro

Du côté des regroupements de parents, il va de soi que l’école à distance prolongée ne pourra pas être calquée sur le modèle de «seuil minimal» d’enseignement de la presque-pause du temps des Fêtes, où les cours virtuels ne sont pas obligatoires au primaire.

«On ne tolérera pas de se faire dire qu’on est encore à réagir à l’urgence. Ça fait 10 mois qu’on est là-dedans. La pratique est finie», dit Sylvain Martel, porte-parole du Regroupement des comités des parents autonomes du Québec.

Les parents exigent maintenant que l’enseignement, les évaluations, les programmes soient adaptés pour que les jeunes puissent apprendre et réellement progresser, explique-t-il.

«Tu parles à deux parents d’un enfant de 2e année. L’un a trois heures de Zoom par jour, l’autre n’a reçu qu’un courriel», dit-il pour illustrer les disparités encore flagrantes dans le système.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Jean-François Bessette, fondateur de Cool Dad et père monoparental de quatre enfants, sur QUB radio: 

Pour le bien des jeunes

La principale préoccupation des parents actuellement est la réussite de leurs jeunes et leur motivation qui s’étiole, constate Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec.

«Ce matin, j’avais la larme à l’œil», avoue Aurélie Sigwald Blin, 38 ans, mère de trois enfants âgés de 5 à 10 ans. «Si c’est quatre jours, bon. Mais combien de temps ça va durer?»

«C’est difficile pour les parents, mais aussi pour les enfants. On passe nos journées à leur dire : “chut, tais-toi”, “connecte-toi’’, “mais ne fais pas trop d’écran [le reste du temps]”...»

«L’idée, ce n’est pas de me débarrasser de mes enfants», explique Mme Sigwald Blin. «L’idée, c’est que mes enfants en ont besoin [de l’école en présentiel].»