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Trump pousse à l’insurrection

Ses partisans ont pris d’assaut le Capitole dans une scène jamais vue depuis la guerre civile

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Photo AFP Des milliers de partisans de Donald Trump s’étaient rassemblés devant le Capitole mercredi, à Washington, pour tenter d’empêcher la certification par le Congrès de la victoire de Joe Biden.

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Les États-Unis ont offert au monde un spectacle digne d’une « république de bananes » hier. Une foule d’insurgés partisans de Donald Trump a envahi le Capitole pour empêcher que la victoire de Joe Biden soit confirmée au Congrès.

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« C’est de cette façon que les résultats électoraux sont contestés dans une république de bananes », a réagi l’ex-président républicain George Bush.

 Dans une rare déclaration publique, il s’est dit « incrédule » et « consterné » par les « scènes de chaos » émanant du Capitole, à Washington. Une indignation partagée par les dirigeants mondiaux

Le célèbre bâtiment abrite le Sénat et la Chambre des représentants. Lorsque les insurgés y sont entrés, on y procédait au décompte des votes du collège électoral qui devait confirmer l’élection du président démocrate.

Brandissant des drapeaux à l’effigie de Donald Trump et armés de gaz irritants, des centaines de manifestants sont passés à travers la sécurité du Capitole comme on entre dans un moulin.

Ils ont réussi à occuper les hémicycles des deux chambres, prenant littéralement d’assaut le cœur de la démocratie américaine dans « un moment de grand déshonneur et de honte pour notre nation », a dit l’ex-président Barack Obama.

Tentative de coup d’État

« Ce ne sont pas des protestations. C'est une insurrection », a réagi pour sa part le président élu Joe Biden, dans un discours d’appel au calme.

De l’intérieur du Capitole, Diana DeGette, la représentante démocrate de Denver au Colorado est allée plus loin : « Ceci n’est pas une manifestation, c’est une tentative de coup d’État. »

« Je n’avais jamais pensé que je verrais le jour où notre propre président tenterait de faire tomber notre gouvernement parce qu’il a perdu une élection », a-t-elle tweeté.

Les représentants équipés de masques à gaz se sont réfugiés dans une zone sécurisée en emportant avec eux les précieux bulletins de vote que la foule menaçait de brûler.

Tout a débuté peu après un discours particulièrement virulent du président défait qui dénonçait encore une fois des élections « truquées » et promettait de ne jamais concéder la défaite.

Pendant quatre longues heures, sur le parvis du Capitole, dans ses corridors, ses bureaux, ses hémicycles les plus solennels, les insurgés ont cassé des vitres, scandé des slogans trumpiens, menacé les forces de l’ordre et les journalistes et détruit leur matériel.

Quatre morts

Une femme, blessée par balle à l’intérieur du Capitole, est décédée peu après, dans des circonstances peu claires.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
Une femme, blessée par balle à l’intérieur du Capitole, est décédée peu après, dans des circonstances peu claires.

Une femme est morte après avoir été atteinte d’une balle en pleine poitrine, tirée par un agent de sécurité du Capitole, selon l’Associated Press. Trois autres personnes ont également trouvé la mort au cours des événements de la journée.  

Les forces de l’ordre ont indiqué avoir saisi des armes et avoir procédé à une vingtaine d’arrestations.

La mairesse de Washington a décrété un couvre-feu et un vaste déploiement de forces de sécurité a finalement permis de reprendre le contrôle en début de soirée.

Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, a immédiatement rappelé les représentants en chambre afin de reprendre le travail. 

« L’assaut honteux contre notre démocratie aujourd’hui [hier] ne doit pas nous écarter de nos responsabilités envers la Constitution. Ce soir, nous procéderons à la certification de l’élection du président élu Joe Biden », a-t-elle déclaré.

Au moment de mettre sous presse, cette certification n’était pas terminée.

Pour Guillaume Lavoie, chercheur associé à la Chaire Raoul Dandurand, « le processus démocratique va gagner malgré tout. Joe Biden va être confirmé et le pays va continuer. Sous attaque, le système va nous démontrer qu’il est plus fort que des rebelles, des éléments pernicieux face au système ».