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Ce n’est pas la première fois qu’on nous enferme

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Vous voilà enfermés dans votre salon à faire chanter la monnaie au fond de votre poche ou à siffler des ronds de buée sur votre fenêtre pour tuer le temps. Si ça peut vous consoler, dites-vous que ce n’est pas la première fois, dans notre histoire, que le gouvernement nous enferme.

Certains vont me parler des écoles hassidiques où l’on fait comme ce que l’on veut sans se préoccuper des autorités qui préfèrent fermer les yeux. Mais il n’y a là « rien de nouveau sous le soleil », pour citer L’Ecclésiaste. 

Ce qui n’est pas nouveau non plus, ce sont les mesures restrictives frustrantes. En 1914, des manifestations violentes éclatent à Québec. On refuse de participer docilement à la guerre de l’Empire britannique qui après tout nous a anéantis sur les plaines d’Abraham en 1759. En 1917, Ottawa enrôle les « pea soup » de force ! 

Censure 

Pendant la Deuxième Guerre, la radio se fait museler. Interdiction de dire la météo. On redoutait trop que s’y dissimulent des signaux numériques secrets à l’intention des sous-marins allemands qui baignaient dans le golfe du Saint-Laurent.

En 1941, des personnalités aussi crédibles que Jean Drapeau, Michel Chartrand ou André Laurendeau refusent que le Canadien français serve de chair à canon dans une armée où on le méprisait. Résultat : nouvelle conscription !

Ennemi

Puis, il y a eu octobre 1970. Alors, on interdit aux journalistes de relayer les propos du FLQ. Un couvre-feu à 19 h rapetisse la densité dans les rues de Montréal. Je me souviens encore de ces soldats du Royal 22e postés sur la Place d’Armes à Montréal à qui je demandais s’ils accepteraient d’ouvrir le feu sur leur propre peuple... et qui gardaient le silence.

Des gens apeurés qui se terrent chez eux, j’en ai donc déjà vu. Sauf que cette fois, l’ennemi n’est pas politique, mais microscopique.