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Des groupes extrémistes canadiens au Capitole

Le Canada n’est pas à l’abri de violences similaires à celles de mercredi à Washington

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Photo AFP Parmi les milliers de partisans du président américain défait, Donald Trump, qui ont défoncé les portes et envahi le Capitole malgré la présence de policiers, mercredi à Washington, il y avait des groupes d’extrême droite du Canada.

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OTTAWA | Des groupes d’extrême droite violents et armés bien implantés au Canada et au Québec ont participé mercredi à l’assaut du Capitole, à Washington, ce qui fait craindre aux experts que de telles violences se produisent chez nous.

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Les III %, une milice anti-islam bien présente au Québec et les Proud Boys, un groupuscule fondé par le Canadien Gavin McInnes, étaient en première ligne de l’insurrection et visibles sur plusieurs images.

Pendant la campagne électorale, Donald Trump a appelé les Proud Boys, qui glorifient les armes et la liberté d’expression notamment, à se tenir prêts à la lutte si les élections ne tournaient pas en sa faveur.

Terroriste

Pour le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, Ottawa doit désigner les Proud Boys comme une organisation terroriste afin d’empêcher qu’elle gagne davantage d’influence. 

En 2019, deux organisations canadiennes du même type, Blood & Honour et Combat 18, ont été placées sur cette liste noire.

« Il est plus urgent que jamais que le gouvernement interdise et démantèle immédiatement toutes les organisations haineuses en activité au Canada », a-t-il déclaré jeudi.

Selon lui, le Canada n’est pas à l’abri de manifestations de violence et de haine similaires à celles qui se sont déroulées à Washington.

Le fondateur du Cultural Action Party of Canada, un mouvement d’extrême droite de Vancouver a d’ailleurs profité des violences de mercredi pour menacer le premier ministre Justin Trudeau sur un réseau social.

« Le chaos à Washington sera-t-il répliqué au Canada quand Trudeau deviendra premier ministre pour un troisième mandat en ligne, a questionné Brad Salzberg. Il sera chanceux s’il passe à travers sans de sérieux dommages. »

L’effet pandémie

David Morin, de la chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents à l’Université de Sherbrooke, estime qu’« on aurait tort de se croire immunisés, comme le montre par exemple la montée de la pensée complotiste en temps de pandémie ».

« Je ne pense pas que nous verrions ici des violences de l’ampleur que celles qu’on a vues à Washington, mais il y a une tension croissance et un potentiel pour des violences similaires à plus petite échelle », estime Barbara Perry, du Centre sur la haine, les préjugés et l’extrémisme à l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario.

La criminologue ajoute que la pandémie accroît le risque d’un passage à l’acte par des extrémistes. Ils pourraient par exemple s’en prendre aux autorités provinciales, car ils jugent qu’elles menacent leurs droits et libertés en imposant des mesures de confinement.

C’est d’ailleurs un argument sur lequel surfe le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, « un wannabe Donald Trump » selon Mme Perry. 

Le Québécois n’a cependant pas la popularité suffisante pour motiver un mouvement de masse comme l’a fait le républicain, souligne-t-elle.