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Le Québec de nouveau plongé dans la crise

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Il était grandement temps que le gouvernement Legault cesse de jouer au chat et à la souris avec le peuple.

Après trois jours de grande incertitude où on coulait à gauche et à droite des informations sur le re...confinement du Québec, tout en semant une vive insécurité chez les travailleurs et leurs entreprises, François Legault a finalement dévoilé les dessous de son second plan de confinement provincial. Un « électrochoc », dit-il, de quatre autres semaines.

Ce second confinement du Québec sera économiquement moins catastrophique que celui du printemps dernier, prétendent plusieurs économistes.

Tant mieux si c’est le cas !

Mais cela en fait une belle jambe à tous les travailleurs et entreprises qui seront victimes de cet autre confinement décrété, à juste raison, par le premier ministre Legault en vue de freiner l’actuelle flambée de la pandémie de COVID-19.

Remettre de nouveau plusieurs secteurs de l’économie sur « pause » va évidemment avoir des conséquences économiques relativement lourdes, même si elles s’avèrent inférieures à celles subies le printemps dernier.

Plusieurs PME manufacturières, entreprises de construction et commerces de détail, qui avaient réussi lors du premier confinement à survivre grâce à l’aide financière gouvernementale, risquent cette fois de mettre la clé sous le paillasson. 

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

Impacts sur l’emploi

Un rappel de l’ampleur des conséquences subies lors des mois de confinement de mars et avril derniers vous donnera un aperçu de ce qui peut nous attendre avec le nouveau confinement.

Le PIB réel par industrie avait chuté de 9,6 % en mars et de 14,8 % en avril.

L’emploi avait subi une mémorable dégelée en enregistrant une perte record de 820 500 postes, soit 264 000 en mars et 556 500 en avril. Le taux de chômage était passé d’un bas historique de 4,5 % en février à un haut historique de 17,0 % en avril.

Les ventes au détail enregistraient des reculs de 15,6 % en mars et de 27,1 % en avril.

Nos exportations internationales de biens allaient baisser de 6,0 % (mars) et de 17,4 % (avril).

Les livraisons du secteur manufacturier chutaient de 6,3 % en mars et de 25,2 % le mois suivant.

Conséquences budgétaires

À ces conséquences économiques du confinement du printemps dernier s’ajoute l’impact financier que cela a notamment eu sur la « santé » des finances du gouvernement du Québec.

Alors qu’il enfilait depuis plusieurs années d’alléchants surplus budgétaires, le Québec s’est momentanément retrouvé dans le rouge foncé. Le ministre des Finances Éric Girard prévoit boucler le présent exercice financier (1er avril 2020 au 31 mars 2021) dans le trou de 15 milliards de dollars en raison de la baisse des revenus fiscaux et d’une hausse marquée des dépenses des programmes.

Dépendamment de l’ampleur du ralentissement économique que le « reconfinement » entraînera lors du présent trimestre de janvier à mars, le déficit pourrait s’alourdir davantage.

Notez que le ministre Girard, lors de la mise à jour budgétaire de novembre dernier, s’est donné un « coussin » de 4 milliards de dollars à titre de « provisions pour risques économiques ».

Il va sans doute en avoir besoin avec le deuxième confinement du Québec.