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Legault vient d’abattre sa dernière carte

Conférence de presse Covid-19
Photo courtoisie, Émilie Nadeau

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François Legault ne l’a pas dit pour ne pas alimenter une panique collective, mais il vient d’abattre sa dernière carte.

Ce n’est pas la carte qui balaie tout, la plus forte, celle qui vous réjouit quand vous la recevez.

C’est plutôt la carte en forme de gardien de but que vous enlevez au profit d’un 6e attaquant.

C’est la carte de celui qui n’a plus d’autre option.

C’est la carte qui officialise l’échec de l’approche en vigueur jusqu’ici.

C’est la carte qui équivaut à reconnaître, sans dire les mots, que la pandémie est hors de contrôle. 

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal au micro de Sophie Durocher sur QUB radio:

Mous

Jusqu’ici, nous avions une approche que je qualifierais de typiquement québécoise : hormis pour les commerces fermés, rien de vraiment méchant, rien qui se rapproche des mesures prises en Europe.

En lieu et place, beaucoup de beaux discours sur la solidarité, des « recommandations » plus que des interdictions, des avertissements plutôt que de vraies punitions.

Au Québec, on jappe, mais on ne mord pas. Nous sommes un peuple douillet.

Résultat : « on est en train de rentrer dans le mur », disait hier un pneumologue interviewé par notre journal.

Les mesures de l’automne n’ont pas endigué la deuxième vague, pire que la première.

Pendant les Fêtes, la tricherie fut généralisée.

Certains ont pensé – ce qu’on peut comprendre sans l’approuver – qu’une petite entorse pour voir des proches ne serait pas la fin du monde.

D’autres font carrément de la désobéissance civile depuis le printemps, et leur nombre augmente. 

Quand même des élus partent dans le Sud...

Legault avait-il le choix ? Non.

Pour la suite des choses, la clé tient en un mot : police.

Quand on menace, on n’est crédible que si l’autre est convaincu que vous mettrez votre menace à exécution.

Si vous dites à votre ado que vous confisquerez son cellulaire si..., vous avez intérêt à le faire si...

Sinon, vous êtes foutu.

La police ne niaise pas si vous franchissez un feu rouge. Mais elle niaise abondamment depuis le début de cette crise.

Certes, rien de plus facile que de blâmer nos gouvernements. 

On ferme les frontières aux autos, mais pas aux avions ?

On ne peut faire un party à Laval, mais on peut à Cayo Coco ?

On ne peut visiter son père à Sherbrooke, mais on peut visiter sa mère au Maroc ?

Et la vaccination cafouille.

Mais une fois qu’on a dit cela, est-on plus avancé ?

Nous

Beaucoup n’aiment pas qu’on leur rappelle que nos sacrifices ne sont rien en comparaison de ceux de nos ancêtres. Fatigante, la vérité. 

Certains proposent de protéger les vulnérables et de laisser aux autres leurs libertés. Mais comment empêcher tout contact entre les premiers et les seconds ?

On a les gouvernements qu’on mérite, dit-on. Vrai, mais ce n’est pas le gouvernement qui répand le virus.

Pour faire un examen de conscience, encore faut-il avoir une conscience. 

Je redemande : Legault avait-il le choix ? 

Non.