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Le ministère de la Santé tanné des ratés du RENIR

Les ambulanciers testent de nouveaux appareils cellulaires en cas d’urgence

FD-Poursuite SQ St-Raymond Québec
Photo d'archives et courtoisie Les ambulanciers de cinq régions du Québec ont déjà commencé à utiliser les nouveaux cellulaires de marque Sonim (en mortaise) pour contourner les problèmes de sécurité du réseau de communication d’urgence du gouvernement du Québec.

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Tannés des ratés du système de radiocommunication d’urgence du gouvernement, les ambulanciers et le ministère de la Santé ont décidé d’acheter leurs propres appareils cellulaires pour contourner les problèmes de sécurité. 

Le controversé système de communication d’urgence RENIR, qui a déjà coûté plus d’un milliard de dollars, fonctionne mal depuis son introduction graduelle en 2014. 

Le RENIR devait pourtant permettre à toutes les unités liées à la sécurité publique, comme la Sûreté du Québec et les ambulanciers, de communiquer facilement ensemble, quel que soit l’endroit.  

Or, le système connaît fréquemment des interférences, des interruptions de service et des délais jugés trop longs pour l’obtention d’une communication d’urgence. 

Plus de 16 000 incidents de communication ont été déclarés depuis sa mise en service.  

La grogne était devenue si grande au sein des services ambulanciers que le ministère de la Santé a mis sur pied un projet pilote avec de nouveaux appareils. L’objectif est de contourner les problèmes de communication qui nuisaient à leur travail. 

Le ministère a admis à notre Bureau d’enquête que les problèmes du système de radiocommunication RENIR, comme les interruptions de service, engendrent «des problématiques opérationnelles». 

Nouveau projet

Ainsi, 630 appareils cellulaires de marque Sonim ont récemment été acquis et déployés dans cinq régions, soit les Laurentides, Lanaudière, la Montérégie, la Mauricie–Centre-du-Québec et l’Estrie.

Pour l’instant, il s’agit d’une somme supplémentaire à celle du RENIR de 35 000 $ par mois. Mais ce montant risque de croître. 

Le coût mensuel par appareil est de 55 $ pour un terme de cinq ans. 

«L’ensemble des régions en bénéficiera progressivement au cours des prochains mois», indique la porte-parole du ministère, Marie-Claude Lacasse, assurant que le système RENIR demeurera le principal moyen de communication du milieu préhospitalier. 

«Les appareils Sonim pourront être utilisés lors d’interruption du système RENIR, et ce, à titre de système de communication secondaire», ajoute-t-elle. 

Un échec

En octobre dernier, la vérificatrice générale du Québec avait été très critique à propos du projet RENIR. Un des problèmes semble être le modèle d’affaires puisque le gouvernement dépend d’un seul fournisseur : l’entreprise Motorola et ses radios. 

Toutefois, la technologie est sévèrement critiquée par les utilisateurs. 

«Elle semble désuète», souligne une source de la Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie. 

Durant des interventions d’urgence, certaines fréquences ne pénètrent pas à l’intérieur des bâtiments, comme les écoles, les hôpitaux et les centres commerciaux. Un problème fréquent en zone urbaine. 

Avec les nouveaux appareils Sonim, les communications dans ces zones semblent être un succès.