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Les touristotons

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Le 3 janvier, l’animateur Sébastien Diaz a posé une très bonne question sur Twitter : « Est-ce que certaines marques auront l’intelligence d’annuler leur partenariat avec certains “influenceurs” qui s’affichent allègrement dans le Sud en faisant fi des consignes de la Santé publique ? »

On connaît les « touristatas », terme inventé par mes collègues du Journal, pour désigner les touristes qui ne respectent pas les règles.

Mais les touristotons, ce sont ces influenceurs qui multiplient les selfies sur Instagram, les pieds dans le sable et les fesses dans une piscine... alors qu’Ottawa répète depuis le mois de mars de NE PAS VOYAGER !

UNA CERVEZA, POR FAVOR

Je suis allée faire un petit tour sur la page Instagram de « dénoncer.influenceurs » où une Robin des bois du web recense les pires niaiseries de nos « influenceurs » partis dans le Sud. Je vous avoue que je ne savais pas si je devais rire ou pleurer.

Comment réagir quand Maggiefromthebloc, 51 000 abonnés, affirme : « La seule chose que vous me reprochez, c’est d’aller prendre des vacances pendant que d’autres peuvent pas prendre de vacances. Mais t’as choisi de travailler dans la santé ma chère, t’as choisi d’aller travailler à changer des couches, t’avais juste à choisir une autre carrière, j’suis vraiment désolée. » 

Doit-on croire sur parole Polinagrace, 181 000 abonnés, qui se « shake le bonbon » au Costa Rica en novembre et qui nous affirme qu’elle va faire sa quarantaine au retour ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Que dire de MarieMaxime qui est partie au Mexique avec ses deux nouveaux amis, sein droit et sein gauche, et qui nous informe : « Faut passer un test de la COVID pour revenir au Canada. Ça coûte un coût. Vu que ça nous coûte un coût revenir, on extensionne d’une autre semaine. »

Que dire de la logique implacable de Karl Sabourin, ex d’OD Afrique du Sud, qui a justifié son voyage en catamaran au Mexique : « Ici, c’est le high season. Peu importe si c’est moi qui va en bateau avec plein de monde que je rassemble, ça va être la même chose. Les catamarans ne partent pas d’ici s’ils ne sont pas pleins, et ils sont tous pleins. »

Et puis, il y a tous ces influenceurs et influenceuses, dont l’occupation principale semble être de montrer leur anatomie gonflée (bras pour les messieurs, fesses et seins pour les dames) et qui se photographient en plein party, zéro masque, collés collés, avec l’alcool qui coule à flots.

Au moins les touristatas dont nous parlait Clara Loiseau se faisaient discrets et fuyaient les caméras. Les touristotons, eux (et surtout elles), sont fiers de montrer leur tan au monde entier.

Au moins, le député libéral Pierre Arcand ne s’est pas montré en Speedo, avec les biceps à l’air, un verre de pina colada à la main, quand il est parti à la Barbade...

J’EN AI MON VOYAGE

Je ne sais pas ce qui me désole le plus : que des compagnies (comme Air Canada) paient des influenceurs pour aller se promener le popotin sous les palmiers. Ou que des personnes aussi dénuées de sens commun, aussi narcissiques, puissent être considérées comme ayant la moindre influence sur qui que ce soit.