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Quelle sanction pour Trump?

Quelle sanction pour Trump?
AFP

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Depuis deux jours, observateurs, analystes et élus se demandent quel sort on doit réserver au président Trump. Son rôle et son influence auprès des manifestants qui ont pris d’assaut le Capitole sont indéniables, assez pour que les autorités du District of Columbia étudient la possibilité de l’accuser de sédition.

En attendant que des tribunaux se penchent sur la question, deux autres options sont envisagées. Dans un premier temps, on a exercé des pressions sur le vice-président Pence pour qu’il invoque le 25e amendement. Mike Pence et la moitié du cabinet seraient alors dans l’obligation d’informer le Congrès que le président n’est plus en mesure d’exercer ses fonctions.

Non seulement le vice-président a-t-il tout de suite affirmé qu’il ne le ferait pas, mais il ne faut pas oublier que cette procédure offre au président la possibilité de se défendre et de maintenir ses pouvoirs. Nous aurions alors droit à un autre affrontement éprouvant pendant plusieurs jours.

Si Mike Pence et la totalité du cabinet se serraient les coudes, Trump pourrait être privé de ses prérogatives pendant que le Congrès délibère sur son sort. On assiste actuellement à un exode au sein du cabinet et Mitch McConnell veut à tout prix éviter de diviser encore plus sa formation politique. Beaucoup de temps et d’énergie gaspillés à 12 jours du départ du président. Le temps manque.

L’autre option est celle d’une seconde procédure de destitution. Ce deuxième épisode, qui constituerait une première historique (aucun président n’a été accusé deux fois), pourrait se dérouler en accéléré et se conclure avant le 20 janvier, c’est théoriquement possible. Si une majorité simple est envisageable pour la mise en accusation à la Chambre parce que la majorité y est démocrate, il y a fort à parier qu’une fois de plus, Mitch McConnell laisserait traîner le dossier pour préserver ce qui reste d’unité au sein de ses troupes au Sénat.

Le recours au 25e amendement ou la destitution ne me semblent donc pas réalistes. Cela signifie-t-il que le comportement du président doit demeurer impuni? Je crois qu’il faut plutôt envisager une autre solution, qui a plus de chances de regrouper rapidement démocrates et républicains.

Parmi les outils à la disposition des élus pour inscrire cet épisode de folie dans les documents historiques, on retrouve également la motion de censure. Plus symbolique, elle permettrait de passer un message fort et bipartisan. Dans le contexte actuel, ce n’est pas banal. Les élus laisseraient ensuite les tribunaux effectuer leur travail, réservant leur jugement pour plus tard.

Puisque la Constitution ne permet pas de sanctionner un président autrement que par l’intermédiaire d’une procédure politique et partisane, la motion de censure me semble être la seule voie pour souligner haut et fort que les événements de mercredi sont condamnables et qu’on ne les tolérera pas.

Par sa déclaration de vendredi, dans laquelle il reconnaît sa défaite, Donald Trump démontre, du moins pour le moment, qu’il admet qu’il ne peut tout se permettre. Mais cet aveu est insuffisant. En attendant qu’il soit confronté à la justice après son départ de la Maison-Blanche, les élus devraient au moins s’entendre sur une mesure symbolique.

Autre avantage qui joue en faveur d’une motion de censure: on peut la produire rapidement. Alors que la COVID fait des ravages à un rythme record et que les citoyens ont l’impression que personne ne gouverne, il est plus important que jamais de faire preuve d'un leadership fort.