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RDS dirigée à partir de Toronto

Une v.-p. établie dans la Ville Reine chapeaute désormais la chaîne de Bell

Employés RDS
Photos courtoisie et d'archives Les locaux de RDS à Montréal. En médaillon , Nathalie Cook, nouvelle vice-présidente responsable de RDS.

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Pour la toute première fois de son histoire, le Réseau des sports (RDS) sera ultimement dirigé à partir de Toronto, a appris Le Journal.

Dans le cadre d’un vaste remaniement de la haute direction de Bell Média annoncé cette semaine, Nathalie Cook a été nommée vice-présidente responsable de RDS. Mme Cook, qui vit à Toronto, dirigeait déjà la chaîne anglaise TSN depuis l’an dernier.

Depuis le départ à la retraite de Gerry Frappier, en mars 2019, c’est la Québécoise Karine Moses qui présidait aux destinées de RDS.

« Mme Cook est de Montréal et parle très bien français », a assuré au Journal une porte-parole de Bell, Caroline Audet.

Dans les bureaux de CTV

« Elle est basée dans les bureaux de CTV à Toronto, mais évidemment, les bureaux de RDS et le siège social de Bell sont à Montréal », a-t-elle ajouté.

M. Frappier, qui a été aux commandes de RDS pendant 20 ans, ne croit pas que la nomination de Nathalie Cook réduira le rôle des dirigeants québécois de la chaîne dans la prise de décisions.

« Pour ce qui est de la couverture au quotidien et le bouclage d’une grille-horaire, je ne pense pas qu’elle va s’occuper de ça. Ce n’est pas dans sa nature », a-t-il confié au Journal, hier.

L’ex-PDG de RDS a souligné que « trois mousquetaires » d’expérience sont à l’emploi de la chaîne depuis plusieurs années : les vice-présidents Charles Perreault, Robert Turcotte et Domenic Vannelli.

Le Syndicat des employés du Réseau des sports n’a pas souhaité réagir à l’arrivée de Mme Cook, hier.

Poste pancanadien à Montréal

De son côté, Mme Moses ajoute à ses fonctions de présidente de Bell au Québec celles de première vice-présidente au contenu et aux nouvelles de Bell Média.

À partir de Montréal, « Karine supervisera le développement de tous les contenus en français et en anglais pour la télévision, la radio et les plateformes numériques à travers le Canada, y compris toutes les émissions d’information locales et nationales », a précisé Mme Audet.

« Il doit y avoir du monde [au siège de Bell Média] à Toronto qui se pose bien plus de questions par rapport à Karine et à ses nouvelles responsabilités élargies que par rapport à Nathalie [Cook] », a soutenu Gerry Frappier.

Celui-ci a noté qu’à l’instar de bien des chaînes spécialisées, RDS fait face à un double défi : la baisse des revenus publicitaires découlant notamment de la pandémie et celle du nombre d’abonnés liée, entre autres, à la popularité croissante des services de diffusion en continu.

« Là où le bât blesse, c’est la baisse des revenus d’abonnement, a estimé M. Frappier. [...] C’est un enjeu structurel beaucoup plus inquiétant [que le recul des ventes publicitaires]. »


♦ Pendant les neuf premiers mois de 2020, les revenus de Bell Média ont diminué de 16 % tandis que son bénéfice d’exploitation a chuté de 22 %.