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De Montréal à Los Angeles

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C’est en 1958 que j’ai rencontré pour la première fois Tommy Lasorda, qui lançait alors pour les Royaux de Montréal.

J’avais 11 ans à l’époque. En compagnie de mon père, je portais fièrement mon uniforme de baseball des Petites Ligues des Loisirs Saint-Eusèbe pour aller voir les Royaux à l’œuvre.

Lors de la pratique au bâton, Lasorda m’a aperçu avec mon gant de baseball. Il s’est approché pour m’inviter à lancer des balles avec lui. Le lendemain, on a répété le même rituel. Après quelques minutes, il a eu une discussion avec mon père qui a influencé mon cheminement de vie : ma passion pour le baseball.

Lors du séjour suivant des Royaux à Montréal, je me suis rendu avec mon père à la porte d’entrée du vestiaire des joueurs située sur la rue Ontario. J’attendais impatiemment.

Le préposé au vestiaire des Royaux, Claude Lavoie, qui plusieurs années plus tard était le responsable de la chambre des visiteurs au stade olympique, nous a accueillis. Lasorda, sans hésiter, me présente à des joueurs, dont Sparky Anderson, qui a remporté la Série mondiale à titre de gérant avec les Reds et les Tigers. Mes yeux de jeune gamin sont devenus brillants et j’en tremblais. Il me dit : « Suis-moi, on s’en va au champ extérieur et tu cueilleras les balles qui roulent vers la clôture »

J’étais sur le terrain de baseball avec 18 joueurs qui étaient sur le point de prendre la direction des ligues majeures. 

La bouffe de Montréal

Descendant d’immigrants italiens, Tommy Lasorda raffolait des pâtes italiennes. Son bon ami et ancien lanceur dans l’organisation des Dodgers Pete Cianflone lui servait des saucisses italiennes, des sauces italiennes et du spaghetti préparé par sa mère. Il adorait déguster les repas italiens au restaurant La Dora de son bon ami Ronnie Ladora.

Lasorda a aussi permis à Youppi d’être une vedette lorsqu’il l’a fait expulser d’un match par l’arbitre.

Après la saison 1975, le gérant des Expos Gene Mauch a été congédié. Le plan du président des Expos, John McHale, était d’engager Lasorda. Les discussions se sont poursuivies pendant quelques jours. Tommy a profité de l’occasion pour aviser les dirigeants des Dodgers que s’il n’était pas engagé pour gérer les Dodgers, il était pour accepter l’offre de M. McHale et se retrouver à la barre des Expos. Il n’en fallait pas plus pour que Tommy soit nommé à la barre des Dodgers.

En début de 9e manche lors de la série de championnat, le premier but est inoccupé et le redoutable frappeur des Cards Jack Clark frappe un circuit pour la victoire, éliminant ainsi les Dodgers. Deux heures après le match, je suis seul avec Tommy dans son bureau. Je lui demande s’il utiliserait la même stratégie si c’était à recommencer. Il me répond : « Crois-tu qu’il aurait pu le faire une deuxième fois ? »  

Une voiture pour Tommy

Dans les années 50, les vedettes sportives à Montréal étaient Maurice Richard, le lutteur Yvon Robert, le quart-arrière Sam Etcheverry et Tommy Lasorda. Un des favoris du stade De Lorimier, le lanceur gaucher des Royaux Lasorda, a été fêté par les partisans des Royaux, qui lui ont remis une voiture.

Lasorda s’est fait une légion d’amis pendant son séjour chez nous. Il s’est particulièrement lié d’amitié avec deux joueurs légendes du Canadien : Émile « Butch » Bouchard, qui était le président des Royaux, et le « Rocket » Maurice Richard, qui était aussi un passionné de baseball.

Tommy nous a quittés. Il a eu une vie remplie. Lasorda a fait partie du jet-set hollywoodien. 

Les joueurs vedettes se sont succédé dans l’uniforme de l’équipe, mais le regretté Tommy Lasorda demeurera toujours Monsieur Dodger. Son étoile scintillera pour toujours au-dessus du Dodger Stadium. Et ses reflets vont même atteindre Montréal.

Bon repos, Tommy !