/news/coronavirus
Navigation

Des spécialistes sonnent l’alarme

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le ski sera permis lors du prochain mois.

Coup d'oeil sur cet article

La sédentarité qui gagne du terrain en raison de l’interruption des sports organisés et de l’augmentation du télétravail inquiète les spécialistes de la santé. Ceux-ci exhortent la population à se doter d’alternatives pour combattre ce fléau en attendant un retour progressif aux activités régulières. 

• À lire aussi: Les entraîneurs privés au bord du découragement

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment dévoilé une statistique alarmante selon laquelle cinq millions de décès pourraient être évités annuellement si la population mondiale était plus active.

Les nouvelles lignes directrices de l’OMS recommandent 150 à 300 minutes d’activité physique par semaine pour tous les adultes ainsi qu’une moyenne de 60 minutes quotidiennes pour les enfants et les adolescents.

Malgré les restrictions en vigueur, il n’a donc jamais été aussi important de bouger et les options demeurent nombreuses alors que l’hiver s’est installé pour de bon en vue des semaines à venir. 

« C’est primordial et c’est d’une importance capitale que la population se remettre à bouger très régulièrement », soutient sans détour le Dr Luc De Garie, président de l’Association québécoise des médecins du sport et de l’exercice (AQMSE).

Marche, randonnée en raquettes, ski de fond, ski alpin, planche à neige et patinage, les choix ne manquent pas parmi les sports hivernaux, rappelle le Dr De Garie, qui est médecin de famille en plus de suivre des athlètes à l’Institut national des sports du Québec.

Professeur au Département de kinésiologie de l’Université Laval et véritable sommité dans son domaine, Jean-Pierre Després abonde dans le même sens que son confrère.

« Il y a des études spectaculaires qui démontrent que ce ne sont pas les mêmes zones du cerveau qui sont sollicitées lors d’une marche le long d’un boulevard urbain et une marche dans des endroits moins perturbants. La marche en plein air est associée à des bénéfices qui sont considérables », expose le chercheur dont les projets portent notamment sur l’obésité et les maladies cardiovasculaires et leur prévention par l’activité physique et une saine alimentation.

S’il comprend les récriminations des kinésiologues, le Dr Després apporte une nuance à la situation.

« Il faut se rappeler qu’on est en guerre, qu’il y a des gens qui meurent et que les solutions en ce moment sont extrêmes et il y a des préjudices très sérieux associés à cette crise qui est historique. »

Télétravail pointé du doigt

N’empêche que les deux professionnels n’hésitent pas à mettre le télétravail au banc des accusés pour les problèmes actuels de sédentarité.

« C’est un piège épouvantable. Pour une personne qui prenait le transport en commun, au lieu de faire ses 10 000 pas par jour, elle en fait cinq pour se rendre à sa cuisine ou à son bureau [...] Cela a des impacts sur toutes les maladies chroniques, cardiovasculaires et sur la santé mentale. Le traitement non pharmacologique numéro un est l’activité physique légère à modérée », note le Dr De Garie. 

« Ce temps de sédentarité cause préjudice à la santé, science à l’appui, à des centaines de milliers de Québécois et de Québécoises qui sont prisonniers de ce télétravail », ajoute le Dr Jean-Pierre Després.

Des questions

Heureux des assouplissements déployés durant les Fêtes, Luc de Garie aimerait que le gouvernement et la Santé publique montrent plus d’ouverture pour les cours en groupe en plein air qui ont été interdits à la suite du resserrement des mesures sanitaires. Seule la pratique individuelle sera tolérée jusqu’au 8 février.

« Si on se fie aux données probantes, si on est à distance ou même rapproché, les risques de contamination sont extrêmement faibles, en plus si les gens portent des masques [...] Il y a certaines règles extérieures sur lesquelles on se questionne comment elles ont été établies », avoue le Dr De Garie.

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

Voir tous les chiffres