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Émilie Perreault et Monic Néron: les nouvelles Francs-tireurs?

Lancement de programmation de Télé-Québec
Photo Ben Pelosse

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Émilie Perreault et Monic Néron sont-elles les nouvelles Francs-tireurs ? Non, répondent-elles. L’avenir nous appartient a beau arriver à Télé-Québec un mois après le départ du vétéran magazine socioculturel, les deux journalistes n’ont nullement l’impression de succéder à Richard Martineau et Benoît Dutrizac. 

« L’impulsion est peut-être la même, concède Émilie Perreault au téléphone. Quand (Richard Martineau et Benoît Dutrizac) ont créé Les francs-tireurs, ils voulaient faire quelque chose qui n’existait pas. Ils voulaient faire leur propre marque, avec leurs propres idées. Et c’est ce qu’on veut faire, Monic et moi. Mais sinon, ces deux dossiers sont complètement différents. J’ai travaillé longtemps avec Benoît au 98,5 FM. Ce n’est pas un désaveu. Je suis très admirative de tout ce qu’ils ont accompli. Vingt-trois saisons... C’est fou ! Je nous souhaite la même longévité. »

L’avenir nous appartient est entré en ondes jeudi soir. La première comportait une entrevue avec Paul Arcand sur l’avenir des médias, une excursion en campagne avec Jean-Martin Fortier, un pionnier de l’agriculture biologique, un portrait de parents qui redéfinissent le modèle du couple traditionnel, et une rencontre riche en émotions avec Régine Laurent, l’ex-cheffe syndicale qui préside une Commission spéciale chargée d’étudier les services de protection accordés aux enfants.

« Les gens qui s’attendent à ce qu’on soit les nouvelles Francs-tireurs vont peut-être être déçus, parce que notre approche est différente », ajoute Monic Néron, 34 ans.

JOURNALISME DE SOLUTION

L’approche dont Monic Néron parle est celle du journalisme de solution, un type de journalisme qui gagne du terrain en identifiant non seulement le problème, mais en proposant des clés pour l’éradiquer.

« Le journalisme de solution, ce n’est pas du journalisme de bonnes nouvelles, souligne l’ex-chroniqueuse aux affaires judiciaires. Ça m’embête quand j’entends des gens dire que c’est comme mettre des lunettes roses et dire que tout est beau. C’est tout sauf ça. C’est constater un problème et pousser la réflexion plus loin. Est-ce qu’il y a des gens qui ont trouvé quelque chose qui fonctionne ? Est-ce qu’on peut reproduire leur initiative ? Ça donne des reportages qui dégagent un peu d’espoir. Et ça tombe bien parce qu’on a tous besoin d’un peu de lumière présentement. Parce qu’on est à bout. On est fatigué. On n’en peut plus que tout aille mal. »

UNE AMITIÉ

L’avenir nous appartient, c’est également une histoire d’amitié pour Émilie Perreault et Monic Néron. Une amitié ayant débuté en 2013 dans les studios de radio du 98,5 FM Montréal. Les deux journalistes se croisaient aux alentours de 8 h 20 dans l’émission du matin.

« Je finissais ma chronique culturelle et Monic enchaînait avec des faits divers, raconte Émilie Perreault, 35 ans. On pouvait passer d’une chanson super happy à trois meurtres. C’était rarement heureux comme mélange, mais c’est ce qui nous a permis de connecter. »

Au cours des années suivantes, leur enquête sur Gilbert Rozon (pour laquelle elles ont remporté un prix Judith-Jasmin) a confirmé qu’elles pouvaient travailler ensemble, et quand elles ont quitté la station, elles ont cherché à répéter l’expérience.

« On voulait faire une émission ensemble, mais pas à n’importe quel prix, déclare Monic Néron. On voulait trouver quelque chose qui allait coller à ce qu’on aime faire, c’est-à-dire être constructive dans notre travail. Ça rejoignait nos idéaux comme journalistes. »

DOCUMENTAIRE AU PRINTEMPS

Émilie Perreault et Monic Néron ont commencé à tourner L’avenir nous appartient l’automne dernier. Une dizaine de journées de tournage sont prévues cet hiver pour compléter la première commande de 12 émissions.

Elles ont aussi profité de 2020 pour compléter leur documentaire La parfaite victime, dans lequel elles questionnent l’efficacité du système judiciaire en matière de crimes à caractère sexuel. Produit par Denise Robert, le film devrait sortir en salle au printemps.

Les deux femmes ont également poursuivi des projets individuels. Émilie Perreault a tourné la troisième saison de Faire œuvre utile pour ICI ARTV, en plus de continuer les enregistrements de Cette année-là avec Marc Labrèche pour Télé-Québec.

De son côté, Monic Néron a rejoint Marina Orsini aux commandes de Deuxième chance, qui revient pour une quatrième saison à Radio-Canada le samedi 16 janvier. « Ç’a été une aventure extraordinaire, commente-t-elle. Je n’aurais jamais pensé vivre ça dans ma carrière. Changer des vies pour vrai... Être la personne qui porte ces bonnes nouvelles. J’ai vraiment vécu de grandes émotions. »