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Les Américains forment-ils encore une nation?

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Soyons sérieux : à aucun moment, les manifestants du 6 janvier n’ont risqué de s’emparer du pouvoir aux États-Unis. Il n’y a jamais eu, quoi qu’en disent les amateurs de sueurs froides, la moindre possibilité d’un coup d’État. Les institutions américaines sont plus fortes que ça. Nous étions plutôt témoins d’un carnaval tragique, et désespéré.

Ceux qui se prennent pour le peuple, et qui représentaient, dans les circonstances, la lie de la société américaine, ont participé à une manifestation se voulant une démonstration de force, et qui n’était rien d’autre qu’une démonstration d’impuissance. Elle n’en était pas moins démente. 

Comédie

La part toxique de la droite américaine, incarnée par quelques fanatiques déguisés, a mené un baroud de déshonneur.  

Enfermée dans un monde parallèle, où elle s’est réfugiée, elle veut croire que Trump, son héraut, a gagné l’élection de novembre, mais se l’est fait voler. Par l’émeute, elle s’imagine restaurer la démocratie. 

Tout cela arrive dans un pays fragmenté où la violence s’est normalisée depuis quelques mois. Trop souvent, les médias en parlent complaisamment. Ce n’était pas le cas mercredi, heureusement.

Les Américains forment-ils encore une nation, ou se divisent-ils aujourd’hui en deux peuples ennemis ? Le spectre de la guerre civile les hante à nouveau. Un pays est toujours hanté par son histoire.

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USA

On peut supposer que les insurgés du 6 janvier qui s’imaginaient au cœur d’un film de superhéros ne représentaient pas les électeurs ordinaires qui ont voté pour Donald Trump. Ils n’ont jamais rêvé d’une politique révolutionnaire, mais d’une vie un peu plus décente, que promettait de restaurer le Néron déchu de Washington. 

Ils aspiraient au nationalisme économique, au contrôle de l’immigration, à une résistance au wokisme, mais pas à un putsch d’opérette mené par des analphabètes. Mercredi, ils ont eu honte de leur chef, et ont désormais envie de tourner la page. On les comprend.