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Les entraîneurs privés au bord du découragement

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Gabriel Hardy, porte-parole provincial au Conseil canadien de l’industrie du conditionnement physique et propriétaire du gym Le Chalet, à Québec.

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Les propriétaires de salles d’entraînement et les entraîneurs privés en ont assez. Ils exigent que le gouvernement leur donne le feu vert pour offrir des cours privés, estimant qu’ils sont les « seuls professionnels de la santé » incapables d’offrir un service à leur clientèle. 

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Au bout du fil, la colère et l’incompréhension d’Éveline Canape, vice-présidente du réseau Énergie Cardio qui compte 27 franchisés au Québec, sont palpables. 

Épuisée de se battre devant « l’illogisme » des décisions du gouvernement et de la Santé publique, elle a décidé de dénoncer haut et fort l’injustice dont est victime selon elle l’industrie de l’activité physique depuis le début de la deuxième vague de la pandémie. Et le resserrement des mesures annoncé plus tôt cette semaine n’a rien fait pour atténuer son désarroi.

« On a juste demandé que les entraîneurs rencontrent leurs clients, ce qu’ils ont droit de faire dans une clinique médicale, mais pas dans un gym, lâche-t-elle en entrevue téléphonique. Il y a 15 % de la population qui s’entraîne dans un gym, et à ces gens-là, on leur a dit “allez jouer dehors !”. Comment peut-on traiter une population comme ça ? C’est comme si nos spécialistes et l’environnement pour recevoir les soins n’étaient pas importants. »

Dans une lettre datée du 6 novembre 2020 dont Le Journal a obtenu copie, le Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique à la Santé publique, rappelait que « ce ne sont pas les lieux qui sont fermés, mais les activités exercées dans ces lieux qui sont suspendues ». 

En d’autres mots, l’utilisation des appareils ainsi que l’entraînement sont interdits, mais un kinésiologue peut accueillir un patient en consultation dans ce même lieu. Une incohérence aux yeux des intervenants du milieu. C’est aussi ce que nous a confirmé le ministère de la Santé et des Services sociaux par courriel.

« Chez le physio, tu as accès à la poulie et à la machine pour faire les exercices. On ne demande pas d’ouvrir les gyms, mais de donner accès au gym ou nous donner le droit à l’extérieur pour offrir une leçon », note le porte-parole provincial au Conseil canadien de l’industrie du conditionnement physique (CCIP), Gabriel Hardy, qui représente plus du tiers des 667 établissements disposant d’un permis de studio de santé au Québec. 

Professionnels oubliés

Propriétaire du gym Le Chalet, à Québec, le sportif signale que les départements de kinésiologie sont désormais associés aux facultés de médecine dans les établissements universitaires, notamment à l’Université de Montréal et à l’Université Laval.

L’Office de la protection du consommateur (OPC) considère que les centres de conditionnement physique et les centres de musculation entrent dans la définition des studios de santé.

« Des studios de santé qui sont fermés. Comment se fait-il que nous soyons les seuls professionnels de la santé qui ne peuvent pas pratiquer [...] Nous avons donné des milliers d’heures gratuitement pour aider les gens à rester en forme, mais le gouvernement n’accepte pas d’être un partenaire. Ils sont en train de détruire notre industrie », martèle Éveline Canape, d’Énergie Cardio, qui comprend mal que l’industrie ne bénéficie d’aucun soutien financier au même titre que d’autres secteurs durement touchés par la crise. 

« Les services de massothérapie et de physiothérapie à l’intérieur vont se poursuivre, mais il nous sera impossible d’offrir même un cours à l’extérieur. On oublie la prévention de la santé par l’activité physique. On dit d’aller dehors, mais tous les magasins sont fermés [...] On encourage la sédentarité. Le message envoyé, c’est que l’activité physique, c’est un loisir », se désole M. Hardy.

Des questionnements

À la Fédération des kinésiologues du Québec, qui compte 1700 membres détenant un diplôme universitaire, on s’explique mal cette zone grise alors que les bienfaits de l’activité physique sont multiples, souligne son vice-président, Marc-Antoine Pépin.

« Il y a des questionnements et une déception chez nos membres, reconnaît-il. La kinésiologue tombe entre deux chaises : elle est considérée parmi les soins thérapeutiques en clinique, mais en salles d’entraînement, ça relève des lois du loisir et du sport, et la fédération travaille pour aider ces différents aspects [...]. » 

Un studio de santé, c’est quoi ?   

Selon l’OPC, un studio de santé a pour but d’aider les usagers à améliorer leur condition physique par :  

  • de l’exercice physique   
  • le contrôle du poids   
  • un traitement    
  • une diète      

Les établissements suivants sont considérés comme des studios de santé :  

  • un centre d’activité physique (centre de « conditionnement » physique)    
  • un centre de musculation    
  • une clinique d’amaigrissement    
  • une salle d’entraînement sur un lieu de travail, à l’usage des employés    
  • un local où sont offertes des séances de danse aérobique ou de cardio tae boxe, par exemple   

Situation au Québec

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