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«On a échappé la balle pendant le temps des Fêtes»

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Le bilan record de la COVID-19 samedi avec 3127 nouvelles infections et 41 décès est la démonstration claire «qu’on a échappé la balle pendant le temps des Fêtes».  

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C’est du moins l’opinion du Dr François Marquis, chef de l’unité des soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, au front de la pandémie depuis le début de la crise sanitaire, il y a plus de 10 mois. 

«Là, on paye pour. À chaque fois que vous voyez un chiffre, c’est vraiment quelqu’un qui est malade, quelqu’un qui meurt, quelqu’un dont la famille est éprouvée, c’est de la culpabilité dans la famille d’avoir eu des petits rassemblements secrets, c’est du déni. Il y a beaucoup de souffrance humaine derrière ces chiffres-là», assure l’intensiviste, témoin quotidiennement des ravages causés par la maladie.  

Il considère que les citoyens doivent redoubler d’efforts, et ce, malgré tout ce qui a été fait jusqu’à présent. Le couvre-feu qui commence ce soir pourra aider, pense-t-il.

«Quand on dit que le système de santé est sur le bord du point de rupture, ce n’est pas une figure de style, c’est une réalité. C’est très abstrait pour la plupart des gens qui n’ont jamais eu de problème. Ça se peut qu’on n’ait pas assez de soins de santé pour les besoins quotidiens de notre population, c’est du jamais-vu au Québec. Croyez-moi, on n'est pas loin d’être rendus là», assure-t-il. 

Si la stratégie du couvre-feu ne fonctionne pas, il faudra faire du triage avancé, c’est-à-dire qu’il faudra décider qui des patients sera traité en priorité.

«Ça va avoir un impact sur le tissu social durant des années si on se rend là. Il n’est pas trop tard, on peut réussir à l’éviter.»

Il déplore le fait que des gens qui doivent être en quarantaine refusent encore de parler à la Santé publique et se cachent pour ne pas se faire attraper. 

«On n’a plus le temps de faire ça. Ce qui est essentiel, c’est que tout le monde participe. On doit empêcher les infections secondaires, on doit empêcher les éclosions. Ce sont ces éclosions-là qui vont briser le réseau.»

«Planète de licornes»  

Contrairement aux fausses informations circulant sur les réseaux sociaux sur l’état des urgences, le Dr Marquis assure qu’elles sont saturées. 

«Ils vivent sur la planète des licornes, lancent-ils en parlant des individus qui ne croient pas que le réseau est surchargé. Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce qui ne se fait plus dans les urgences, c’est tout ce qui peut attendre. C’est certain que quelqu’un qui avait un ongle incarné et qui allait à l’urgence pour ça avant, même si c’est inapproprié, il ne vient plus parce qu’il a trop peur. Les urgences demeurent pleines. Il y a des gens qui restent plusieurs jours à l’urgence parce qu’il n’y a pas de place pour les mettre aux étages. Si on se promène aux soins intensifs et qu’on voit des lits vides, il faut savoir qu’ils sont vides parce qu’il n’y a personne pour s’en occuper. [...] Quand on voit 100 civières aux urgences et que cinq sont vides, on ne peut pas dire que ça va très, très bien», détaille-t-il.

Par ailleurs, le docteur rr François Marquis a reçu le vaccin contre la COVID-19. Il se dit en pleine forme et invite tout le monde qui en a la possibilité à se faire vacciner.

«N’ayez pas peur du vaccin, ça fonctionne», conclut-il. 

Situation au Québec

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