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Perte de 200 000 emplois au Québec

dernier avion CRJ
Photo d’archives, Chantal Poirier Le 12 décembre dernier, des employés de Bombardier Aviation à Mirabel assemblaient le dernier avion CRJ à cette usine.

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Malgré la reprise enclenchée depuis la catastrophe économique du premier confinement sanitaire des mois de mars et avril, le Québec boucle finalement l’année 2020 avec une dramatique perte de 200 100 emplois, ce qui anéantit les trois précédentes années de solide création d’emplois.

C’est du jamais-vu depuis que Statistique Canada compile les données de l’emploi, soit depuis 1976. En guise de « consolation », sachez qu’aucune province n’a été épargnée. Dans l’ensemble du pays, c’est près d’un million d’emplois (996 200) qui se sont envolés, dont 371 200 chez nos voisins ontariens.

L’année 2020 fut d’autant « désastreuse » que cette déconfiture du marché de l’emploi est survenue alors que Justin Trudeau a investi plus de 100 milliards $ en aide financière aux entreprises (comptes d’urgence et subventions salariales) dans le dessein de maintenir en vie le plus d’emplois possible en cette première année de guerre contre la pandémie du coronavirus.

Cette gigantesque aide fédérale a permis de maintenir artificiellement des centaines de milliers d’emplois depuis la frappe de la COVID-19.

Voilà pourquoi, le score final des pertes d’emplois pour l’année 2020 est nettement inférieur au niveau du printemps dernier. N’oublions pas qu’en mars et avril derniers, il s’était momentanément perdu quelque 800 000 emplois au Québec, et rien de moins que 3 millions au Canada.

Sur les 200 700 perdus en 2020 au Québec, il y a 94 200 emplois à temps plein. Ce qui est lourd de conséquences.

L’INCROYABLE SECTEUR PUBLIC

Alors que le marché de l’emploi dans le secteur privé au Québec mange une solide claque, le secteur public, lui, imaginez-vous qu’il termine l’année avec 3100 emplois de plus que l’an dernier. Convenons que c’est quand même incroyable ! 

Le secteur public québécois compte 957 900 personnes qui travaillent soit pour une administration municipale, soit pour le gouvernement du Québec ou le gouvernement fédéral, soit pour les organismes publics, les sociétés d’État ou les établissements scolaires et de santé financés par l’État.

Le secteur public au Québec représente 23,1 % du nombre total de travailleurs québécois. En Ontario, le secteur public compte pour « seulement » 19,4 % de la main-d’œuvre totale. Et en 2020, contrairement à nous, au Québec, une baisse de 12 800 emplois a été enregistrée dans le secteur public ontarien.

Si le secteur public québécois s’en tire sans la moindre égratignure, le secteur privé, lui, a vu sa main-d’œuvre chuter de 177 100 emplois au cours de l’année 2020. À cela, s’ajoute une perte de 26 700 travailleurs autonomes.

LES SECTEURS TOUCHÉS

Dans le marché du travail au Québec en 2020, il s’est perdu 35 500 emplois dans le secteur de la production de biens et quelque 165 200 dans le secteur des services.

Voici les pertes d’emplois subies dans les sous-secteurs les plus touchés au Québec.

Fabrication : 23 600

Commerce : 18 600

Transport, entreposage : 10 700

Services aux entreprises : 21 200

Soins de santé, assistance sociale : 11 700

Information, culture, loisirs : 20 900

Hébergement, restauration : 64 400

Autres services : 27 500

DES SECTEURS GAGNANTS

En cette année de crise dans le marché de l’emploi, il faut souligner la poignée de secteurs qui s’en tire avec des gains. Une mention spéciale doit être accordée aux « Services d’enseignement » qui réussissent à terminer 2020 avec une augmentation de 13 100 emplois.

De son côté, l’agriculture a sans doute profité de l’appel à l’autosuffisance alimentaire et à l’achat de produits québécois lancé le printemps dernier par François Legault : création de 1000 emplois.

Le secteur « Finance, assurances, services immobiliers et location » gagne 6200 emplois. Celui des « Services professionnels, scientifiques et techniques » affiche 2100 emplois de plus.

Pour l’ensemble de l’année 2020, le taux de chômage au Québec affiche une moyenne de 8,8 % (9,5 % au Canada), en hausse de 3,7 points de pourcentage par rapport au taux de 2019.

Malheureusement, avec le retour en confinement depuis le 25 décembre, et ce, jusqu’au 8 février prochain, le marché du travail va sans doute se détériorer au cours des deux premiers mois de l’année.

BILAN AU QUÉBEC

2020 versus 2019

Population active

  • Valeur: 4 537 000
  • Écart: -34 700 

Emploi total

  • Valeur: 4 139 200
  • Écart: -200 700

Secteur public

  • Valeur: 957 900
  • Écart: +3100

Secteur privé

  • Valeur: 2 640 100
  • Écart: -177 100

Travailleurs autonomes

  • Valeur: 541 200
  • Écart: -26 700

Temps plein

  • Valeur: 3 426 200
  • Écart: -94 200

Temps partiel

  • Valeur: 713 000
  • Écart: -106 500

Chômeurs

  • Valeur: 397 800
  • Écart: +166 100

Taux de chômage

  • Valeur: 8,8 %
  • Écart: +3,7 points

BILAN RÉGIONAL

2020 versus 2019

Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

  • Nombre d’emplois: 30 400
  • Écart: -3100

Bas-Saint-Laurent

  • Nombre d’emplois: 87 400
  • Écart: -5300

Capitale-Nationale

  • Nombre d’emplois: 373 800
  • Écart: -35 500

Chaudière-Appalaches

  • Nombre d’emplois: 223 500
  • Écart: +1900

Estrie

  • Nombre d’emplois: 160 300
  • Écart: -4000

Centre-du-Québec

  • Nombre d’emplois: 121 000
  • Écart: -4600

Montérégie

  • Nombre d’emplois: 781 400
  • Écart: -29 200

Montréal

  • Nombre d’emplois: 1 037 600
  • Écart: -57 200

Laval

  • Nombre d’emplois: 216 300
  • Écart: -2400

Lanaudière

  • Nombre d’emplois: 267 500
  • Écart: +5300

Laurentides

  • Nombre d’emplois: 283 200
  • Écart: -34 800

Outaouais

  • Nombre d’emplois: 191 700
  • Écart: -16 900

Abitibi-Témiscamingue

  • Nombre d’emplois: 69 200
  • Écart: -7500

Mauricie

  • Nombre d’emplois: 122 800
  • Écart: +1700

Saguenay–Lac-Saint-Jean

  • Nombre d’emplois: 122 500
  • Écart: -5700

Côte-Nord et Nord-du-Québec

  • Nombre d’emplois: 50 700
  • Écart: -3300

Source Statistique Canada