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Trump : une faute trop grave pour être pardonnée

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La faute de Donald Trump est trop grave pour être pardonnée. Même par les républicains. Trump a bel et bien incité à l’insurrection. Il a dit qu’il marcherait avec les insurgés. « Nous vous aimons », a-t-il déclaré. 

Trump nourrit depuis des années un ressentiment contre les institutions démocratiques. Il propage des mensonges grossiers sur les dernières élections. Ses condamnations de dernière minute de l’insurrection arrivent trop tard et sont insuffisantes. Mais quelle sera sa sanction ? Ses fidèles, les 121 représentants et les six sénateurs qui ont voté en faveur de l’opposition aux résultats électoraux dans certains États, sont piégés. Ils ont signé un pacte qui lie leur survie politique à Trump. 

1. Comment Mike Pence peut-il destituer Trump ?

Bien qu’il ne reste que 11 jours avant l’inauguration du nouveau président, les démocrates exigent une sanction contre Trump. Parce que les électeurs démocrates le demandent et parce que les élus démocrates ne vont pas rater une si belle occasion de discréditer les républicains. La sanction la plus douce serait que Pence relève Trump de ses fonctions en vertu du 25e amendement de la Constitution. Suivant cet amendement, Pence aurait le droit d’exercer le rôle de président pendant que le Congrès délibère sur cette destitution, si Trump la contestait. Le délai de délibération est de trois semaines, ce qui mènerait bien au-delà de l’investiture. Mais Pence ira-t-il dans cette direction ? Grâce à une telle destitution, Trump pourrait plaider l’aliénation mentale pour éviter les poursuites subséquentes.

2. Le Congrès pourrait-il destituer Trump ?

Les démocrates pourraient lancer une procédure en destitution à la Chambre des représentants, où ils sont majoritaires. Cette procédure aurait l’avantage de faire encore mieux ressortir qui appuie Trump dans le Parti républicain. La véritable bataille aurait lieu au Sénat. Il est possible que Trump soit cette fois-ci destitué, étant donné le ressentiment que l’insurrection a créé parmi les sénateurs. 

3. Pourquoi les démocrates s’acharnent-ils à destituer Trump ?

En plus de semer la division dans le camp républicain, la destitution de Trump aurait l’avantage de disqualifier Trump pour les élections de 2024, élections pour lesquelles il a déclaré qu’il se présenterait. Cela dit, Trump est réellement déséquilibré. La lettre que Nancy Pelosi a envoyée hier aux membres du Congrès pour les informer à demi-mot de l’annulation de l’accès de Trump aux codes nucléaires en témoigne bien.

4. Pourquoi des élus républicains pourraient-ils appuyer la destitution ?

Aux yeux de plusieurs républicains, Trump est devenu un boulet. Trump a non seulement perdu la présidence, mais il n’est pas parvenu non plus à faire élire les deux sénateurs républicains de Géorgie. Trump pourrait partir, mais le Parti républicain ne changerait pas pour autant. Comme le soulignait hier avec justesse Josée Legault, ce parti est majoritairement entre les mains des émules du Tea Party. Derrière le Tea Party se cache une série d’acteurs hostiles à la démocratie et heureux de sa désagrégation.

5. Qui a intérêt à briser la démocratie américaine ?

Tous les dictateurs se réjouissent des problèmes de la démocratie américaine. Mais un certain nombre d’Américains aussi. Des mouvements religieux fondamentalistes voient dans l’affaiblissement de la démocratie une occasion de renforcer leurs pouvoirs. Des compagnies, comme celles des frères Koch, qui trouvent plus facile de manipuler un gouvernement local qu’un gouvernement fédéral qui peut les forcer à payer de justes impôts. Et des anarchistes, qui sont hypnotisés par les croyances conspirationnistes à la QAnon.