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À mettre le feu partout, on se brûle!

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Photo AFP Donald Trump a amorcé la bombe qui lui a sauté en pleine face ! Sur la photo, la prise d’assaut du Capitole, à Washington, mercredi dernier.

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L’envahissement du Capitole, à l’appel du président Trump, par des groupes d’extrême droite a choqué beaucoup d’États-Uniens et sidéré plusieurs dirigeants étrangers.

Malgré la stupeur de quelques proches du président dans le camp républicain et l’imprévoyance de la police du Capitole pour contrer plus efficacement l’intrusion, l’émeute ne surprend guère.

Les États-Unis sont champions des inégalités sociales à l’intérieur de leurs frontières. 

Ils ont traficoté dans la démocratie d’autres pays parce que leurs dirigeants adhéraient à une idéologie différente de la leur. Encore aujourd’hui, ils frayent avec des pays alliés peu scrupuleux des droits de la personne. On pense rapidement à l’Arabie saoudite et à l’assassinat de Jamal Khashoggi au chapitre des relations douteuses. 

S’il est vrai que le pays voisin est constitutionnellement une démocratie, il ne faudrait pas croire qu’il s’avère le modèle à suivre !

Pyromane en liberté

L’ingérence intéressée des États-Unis dans les affaires de pays étrangers n’a pas commencé avec Donald Trump, il a simplement le défaut d’être moins subtil que ses prédécesseurs dans les transgressions.

Les tentatives pour renverser le gouvernement Maduro au Venezuela illustrent cette tendance états-unienne à chasser les dirigeants qui naviguent hors leur capitalisme sauvage.

L’Amérique du Sud regorge de ces complots menés dans quelques pays par des agences gouvernementales et des multinationales états-uniennes pour s’assurer de dirigeants sensibles à leurs intérêts. Soutenir des dictatures à l’encontre des choix démocratiques de leur population ne constituait pas un embarras.

Chili, Uruguay, Bolivie, Nicaragua, Cuba, entre autres, ont subi les entraves impérialistes de leur voisin nordique qui veille aux intérêts du grand capital.

Les guerres du Vietnam, d’Irak et d’Afghanistan sont aussi à classer dans le livre des interventions opportunistes et intéressées aux plans géostratégique et économique sans réel souci pour les populations.

Institutions défaillantes

Peut-on imaginer qu’une grande démocratie userait de stratagème comme le gerrymandering pour entraver le vote de ses citoyens ou en réduire le poids en procédant à des découpages de circonscription sur des bases partisanes ?

Est-ce un hasard si les Noirs états-uniens sont confrontés à plus de contraintes que les Blancs pour exercer leur droit de vote ?

Maintiendrions-nous au Canada une institution qui peut se prononcer différemment de la population votante, telle celle des grands électeurs aux États-Unis ? Laisserions-nous chacune des provinces canadiennes élaborer son mode électoral pour un scrutin fédéral, telle la flopée de manières différentes conçues par les États pour élire le président ?

Les républicains craindraient-ils de ne plus jamais prendre le pouvoir si les électeurs pouvaient exercer leur droit en toute latitude ?

Changer d’air

Les démocraties à travers le monde sont mal en point. La fragilisation de la démocratie états-unienne est conséquente de leurs comportements nationaux et internationaux.

Cette fragilisation n’est pas essentiellement un danger pour la démocratie canadienne, mais la complaisance et les hésitations à se détacher d’un voisin trop encombrant le deviennent.

Le temps est venu de chercher des amis moins décadents !