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C’est mon corps: des réponses aux questions des femmes

Martin Winkler
Photo courtoisie, Sarah Rouleau

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Médecin spécialisé en santé des femmes pendant 25 ans et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, Martin Winckler (pseudonyme) propose des réponses à toutes sortes de questions préoccupant les femmes et leur santé dans son nouveau livre, C’est mon corps. Contraception, grossesse, ménopause, maladies, soins, relations avec les soignants : il passe tout au crible. 

Martin Winckler aborde tous les sujets, sans tabous, et démystifie les cystites, la maladie mentale, les vaccins, les relations sexuelles, le désir ou le non-désir de maternité, les douleurs, les maladies.

L’auteur, qui a pratiqué la médecine pendant 35 ans, a eu envie de mettre dans un livre toutes les questions qu’il avait reçues pendant sa pratique. « Les femmes m’ont raconté des choses », observe-t-il, en entrevue. « Un livre comme ça, ce n’est jamais exhaustif. Je voulais faire un livre sur la vie de tous les jours, lisible par le plus grand nombre de femmes. C’est une introduction, c’est fait pour leur donner des outils pour aller chercher d’autres informations. »

Normale ou pas ?

Martin Winckler explique que la question que les femmes posent le plus souvent est la suivante : est-ce que je suis normale ? « Ça peut concerner n’importe quel aspect de leur vie physiologique ou sexuelle. Ça vient du fait qu’il y a des idées reçues sur ce qui est normal et ce qui ne l’est pas – c’est ce que je dis dans le livre. Il y a aussi les attentes sociales, familiales, de couple, sociétales et de travail qui font que beaucoup de femmes sont assignées à un certain type de comportement. »

Il donne un exemple, plus fréquent en France qu’au Québec, dit-il. « En France, une femme qui décide de ne pas avoir d’enfant, c’est considéré comme anormal. C’est uniquement social, bien entendu : on n’a pas besoin de se définir par rapport au fait qu’on a des enfants ou pas, qu’on soit un homme ou qu’on soit une femme. Mais c’est considéré comme véritablement une norme. »

La ménopause

Martin Winckler est d’avis qu’il y a encore beaucoup de préjugés entourant la ménopause et la périménopause. « Le préjugé numéro un, c’est que c’est un mauvais moment à passer, que vous n’avez pas besoin de moi, que toutes les femmes passent par là. En gros, débrouillez-vous. Or ça, c’est juste pas bien. Les professionnels de la santé sont là pour soigner les gens qui souffrent. » 

Il ajoute qu’il y a des femmes qui n’ont aucun symptôme, ou très peu, et s’en accommodent très bien. « À l’inverse, quand elles viennent se plaindre de symptômes, on devrait les écouter et essayer de les soulager, sans leur faire peur. »

Il observe un problème supplémentaire. « Toute la santé des femmes, c’est un marché. Un marché très juteux pour beaucoup de gens qui ont des choses à vendre. En faisant de la prévention ou de la pseudo-prévention, on vend plein de choses qui ne sont pas forcément utiles, et on les vend en faisant peur aux femmes. »

« C’est la même chose que d’obliger les femmes à consulter une fois par an, pour leur dire, si vous ne consultez pas une fois par an, vous risquez d’avoir une maladie, de ne pas vous en rendre compte et d’avoir une catastrophe. C’est infantile. Et on ne peut pas soigner les gens en leur faisant peur : le consentement ne peut pas être fondé sur la peur. »

Il souhaite que les femmes prennent des décisions éclairées par rapport à leur état de santé. « Il faut que cette décision soit informée, et elle ne peut pas être informée si on vous fait peur, ou si on vous infantilise. » 


♦ Martin Winckler a été médecin généraliste dans un centre de planification et d’IVG pendant 25 ans.

♦ Il a consacré sa carrière à la santé des femmes.

♦ Il a écrit plusieurs romans et des essais, traduits dans une dizaine de langues.

EXTRAIT  

<b><i>C’est mon corps</i></b><br/>
Martin Winckler<br/>
Éditions L’Iconoclaste<br/>
504 pages
Photo courtoisie
C’est mon corps
Martin Winckler
Éditions L’Iconoclaste
504 pages

« Je suis un homme. De quel droit est-ce que j’écris sur le corps féminin ? Qui m’a conféré cette autorité ? Que puis-je avoir à dire sur des situations – les règles, la grossesse, l’accouchement, le port d’un stérilet, la ménopause – que je ne vivrai jamais ? La réponse est assez simple : j’ai entendu les premières concernées en parler, je les ai vues les vivre, et elles m’ont enseigné tout ce que je sais sur le sujet. »