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États-Unis, sédition: le pire est-il à venir?

États-Unis, sédition: le pire est-il à venir?
AFP

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L'attaque contre le Capitole des États-Unis était une insurrection contre la démocratie parlementaire. Une odieuse tentative d’empêcher les représentants élus du peuple américain de ratifier la victoire de Joe Biden.  

Cette sédition a été initiée par un président dément qui refuse d’accepter sa défaite. Le fait que le mouvement n’ait pas réussi ne signifie pas que le système politique américain doive désormais être considéré comme sécurisé et hors de tout danger, comme on le verra plus loin. 

Mais voyons d’abord ce qui s’est passé. La meute d’hurluberlus qui a saccagé le Capitole était désordonnée. Les assaillants ne semblaient obéir à aucun chef. Les instigateurs des troubles, les sénateurs républicains Ted Cruz et Josh Hawley, le leader républicain à la Chambre basse Kevin McCarthy, l’enquiquineur insensé Rudy Giuliani et Trump lui-même ont été, sans doute agréablement, surpris par la tournure des événements. Jamais ils n’auraient pensé que la bande d’écervelés qu’ils ont poussée à l’assaut du Congrès vaincrait si facilement la police du Capitole.

Il ne fait aucun doute que bon nombre des assaillants avaient l'intention de s’en prendre physiquement à des membres du Congrès. Ils étaient armés de matraques, d'irritants chimiques, de couteaux et d'armes à feu. Des photos montrent même un insurgé pro-Trump tenant un paquet d’attaches autobloquantes servant de menottes, ce qui tend à confirmer l’information voulant que certains d’entre eux eussent l’intention de prendre en otage le vice-président Pence et d'autres dirigeants du Congrès, démocrates et républicains qui s'opposent à Trump. 

Les militants disparates qui ont saccagé le Capitole ne représentent que les éléments avancés de l’extrême droite armée pro-Trump qui se prépare activement à une deuxième frappe contre les institutions politiques américaines. Divers médias rapportent que les autorités craignent que les troubles à venir perturbent non seulement Washington, mais aussi un certain nombre de capitales d'État à travers le pays. Souvenez-vous de ce qui s'est passé au Michigan, en octobre dernier, lorsque des miliciens pro-Trump projetaient d’enlever la gouverneure du Michigan et de l’exécuter.

Des services de police à travers les États-Unis ont ouvert des enquêtes pour déterminer si leurs propres membres avaient participé à l'invasion du Congrès, se basant sur des photos et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et d'autres preuves. Des agents et au moins un chef de la police risquent d'être licenciés, suspendus ou soumis à d’autres mesures disciplinaires pour leur implication dans l'émeute qui a fait cinq morts, dont un policier du Capitole. Il a fallu attendre trois jours avant que Trump ait la décence de mettre en berne le drapeau de la  Maison-Blanche en sa mémoire.

Le FBI et d'autres agences de sécurité se préparent à une période de troubles insurrectionnels qui pourrait durer des semaines. Des milices bien armées avec de nombreux anciens membres de l'armée et de la police se préparent à participer à ces soulèvements pour protester contre l’entrée en fonction de l’administration démocrate.

On trouve, en première ligne des insurgés, les Proud Boys, les Three Percenters, les Oath Keepers et les Boogaloos. Incarnation émergente de l'extrême droite américaine, ces derniers se donnent pour objectif de provoquer une guerre civile. Selon le Washington Post, des membres armés des Boogaloos ont participé aux manifestations contre le mouvement Black Lives Matter dans plusieurs villes. Un boogaloo a été arrêté au Texas pour avoir voulu tuer des policiers alors qu'il se filmait sur Facebook Live, selon le Southern Poverty Law Center. 

Le mouvement boogaloo semble avoir gagné en popularité ces derniers mois. Un rapport publié par le Network Contagion Research Institute indique que les Oath Keepers et les Three Percenters «partagent maintenant les mêmes intentions que les boogaloos dans le monde virtuel et réel». 

Aussi de mauvais augure, un premier sondage de YouGov révèle que 45% des électeurs républicains soutiennent l'insurrection.