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Un gros défi pour l’année 2021

Judith Landry veut maintenir la popularité du livre

Judith Landry
Photo Chantal Poirier Judith Landry est la directrice générale des Éditions de l’Homme.

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Le livre connaît un immense succès depuis le début de la pandémie. Pendant que la presque totalité des secteurs culturels étaient paralysés, le livre a tiré son épingle du jeu. Les ventes ont explosé avec des chiffres au-delà de toutes les attentes pour 2020. Le défi de Judith Landry, directrice générale des Éditions de l’Homme, sera de poursuivre sur cette lancée et de s’assurer que de bons livres seront publiés en 2021.

Quelle a été votre réaction initiale lorsque la pandémie a atteint le Québec ?

« On avait connu, au Groupe Homme, un très bon début d’année... Nous avions plusieurs grosses parutions qui étaient prévues pour mars et avril. Les annonces de fermeture du vendredi 13 mars ont été comme une catastrophe. Les premières semaines de mars et d’avril ont été excessivement difficiles. »

Le livre a connu un énorme succès en pandémie avec une explosion des ventes en ligne dans les librairies. Est-ce que vous vous attendiez à ça ?

« On s’attendait à une catastrophe. Les pertes de chiffres d’affaires pour mars et avril ont dépassé les 75 % et on envisageait le pire. Et on a senti, vers la fin mai, un boom et un retour des gens dans les librairies. On se demandait si les gens étaient pour avoir suffisamment de pouvoir d’achat pour consacrer 25 $ à 30 $ à l’achat d’un livre, et la réponse, à notre grande surprise, a été oui. On ne s’attendait pas à une telle explosion. C’est une année assez phénoménale. »

Quels étaient les défis à relever en temps de pandémie ?

« Il a fallu prendre tous les titres qui étaient prévus au programme, jusqu’au 31 décembre, et évaluer une date de parution, tout en envisageant des reports. Il y a des titres qu’on a décidé de repousser de quelques semaines, d’autres de quelques mois et d’autres pour une année complète. Ce fut un travail de titan. »

Est-ce que vous êtes satisfaite des résultats pour cette année pas comme les autres qui est sur le point de se terminer ?

« Excessivement. Nous sommes, en ce moment, à 10 et 15 % d’augmentation sur l’année 2019 et en dépit des semaines où les librairies ont été fermées. Ce qui me réconforte, au-delà de l’augmentation du chiffre d’affaires, c’est de voir les gens faire un retour vers la lecture. J’ai pris, récemment, une photo d’une file devant une librairie. J’en avais presque les larmes aux yeux tellement je trouvais ça émouvant de voir les gens attendre et patienter pour entrer dans une librairie. »

Quelle est votre vision pour 2021 après une année au-delà de toutes les attentes ?

« J’ai peur d’un ressac pour 2021. Le livre bénéficie actuellement d’une grande visibilité médiatique et sur toutes les plateformes. Le livre est un produit refuge qui n’a pas de concurrence en ce moment. Au retour à une certaine normalité, lorsque les gens pourront retourner au restaurant, au théâtre, au cinéma et tout le reste, est-ce qu’ils vont délaisser le livre ? Je suis une éternelle optimiste et je me dis que les gens ne délaisseront pas les livres. C’est à nous, les éditeurs, de procurer des plaisirs de lecture au public et d’arriver avec les meilleurs livres possible. » 

BIO  

  • Nom : Judith Landry  
  • Profession : directrice générale des Éditions de l’Homme 
  • Impact : Elle a été nommée, en juillet 2016, directrice générale. Elle est la première femme à occuper cette fonction depuis la création de la maison en 1958. Les Éditions de l’Homme ont, depuis 1962, publié les ouvrages de près de 1700 auteurs et vendu 27 millions de livres à travers le monde.