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Le réseau social conservateur Parler ne répond plus après son expulsion par Amazon, Apple et Google

Le réseau social conservateur Parler ne répond plus après son expulsion par Amazon, Apple et Google
AFP

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NEW YORK | Le réseau social prisé des partisans de Donald Trump, Parler, a porté plainte lundi contre Amazon qui l’a expulsé d’internet en l’empêchant d’accéder à ses serveurs pour avoir, selon le géant de la technologie, laissé proliférer des messages problématiques après l’assaut sur le Capitole. 

Amazon a suspendu le compte de Parler lundi, expliquant dans une lettre adressée au site conservateur avoir «observé récemment une augmentation persistante de contenus violents».

Mais Parler estime que cette décision est plutôt motivée par des considérations politiques et par la volonté de réduire la concurrence au bénéfice de Twitter. Le réseau social reproche également à Amazon de ne pas lui avoir donné un préavis de trente jours avant de couper les ponts.

Parler demande ainsi au tribunal d’empêcher Amazon de lui bloquer ses serveurs.

«Cela revient à débrancher un patient sous assistance respiratoire. Cela va tuer l’entreprise – au moment même où elle montait en flèche», écrit Parler dans sa plainte.

Les géants de la technologie Apple et Google avaient auparavant retiré de leurs plateformes de téléchargement d’applications le réseau social où se multipliaient, selon eux, «menaces de violences» et «activités illégales».

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Tous ces groupes reprochent à Parler une politique de modération trop laxiste.

Face à la profusion de messages encourageants à la violence, «Parler ne peut pas, ou ne veut pas, identifier rapidement et retirer ces contenus», a de nouveau affirmé lundi Amazon dans un message transmis à l’AFP.

Le réseau social enfreint à cet égard les termes d’Amazon et sa plainte n’est, en conséquence, «pas justifiée», a estimé la société en soulignant servir «des clients de tous bords politiques».

La popularité de Parler a grimpé en flèche après la fermeture définitive par Twitter du compte de Donald Trump vendredi: son application était, samedi, la plus téléchargée aux États-Unis sur la plateforme d’Apple.

Dimanche, dans un entretien à Fox News, le cofondateur du site, John Matze, a souligné que la remise en route du site pourrait prendre du temps.

«Tous nos partenaires, ceux qui gèrent les messages texte, les courriels, nos avocats, nous ont laissé tomber le même jour», a-t-il déploré.

«On va faire tout ce qu’on peut pour revenir en ligne le plus rapidement possible, mais tous les fournisseurs que nous contactons nous disent qu’ils ne veulent pas travailler avec nous si Apple ou Google n’approuve pas», a-t-il expliqué. Et il est difficile de trouver «300 à 500 serveurs informatiques en 24 heures».

Dans un communiqué dimanche soir, il a réaffirmé vouloir faire de Parler un lieu de «dialogue ouvert» où la violence n’était en aucun cas tolérée.

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Gab en profite

Lancée en 2018, le réseau social fonctionne un peu comme Twitter, avec des profils à suivre et des «parleys» au lieu de tweets. Basé à Henderson, dans le Nevada, il a été lancé par John Matze, un ingénieur informatique, et Rebekah Mercer, une importante donatrice du parti républicain.

La plateforme attirait surtout à ses débuts des franges ultraconservatrices, voire d’extrême droite. Mais elle accueille aussi maintenant des voix républicaines plus traditionnelles comme les présentateurs de Fox News Sean Hannity et Tucker Carlson ou la gouverneure républicaine du Dakota du Sud, Kristi Noem.

Déjà en plein essor, l’application avait accueilli, ces derniers jours, profusion de nouveaux abonnés ulcérés par la décision de Twitter de bannir Donald Trump.

D’autres réseaux grand public comme Facebook, Instagram, Snapchat ou Twitch ont aussi suspendu le profil du locataire de la Maison-Blanche.

De nombreux admirateurs du président américain se sont rués, dans la foulée, sur les plateformes conservatrices comme Parler ou Gab.

Ce dernier a d’ailleurs profité des évènements pour gagner des centaines de milliers d’abonnés ces dernières heures.

Environ «600 000 à 700 000» internautes s’inscrivent actuellement chaque jour sur la plateforme, a indiqué Andrew Torba, cofondateur et directeur général de ce réseau social créé en août 2016, dans une vidéo.

Maintenant que les géants de la technologie ont clairement fait savoir qu’ils séviraient contre les sites et applications continuant à relayer des messages extrêmes, les réseaux sociaux conservateurs vont probablement devoir s’ajuster.

Le service de vidéos en direct DLive, utilisé par plusieurs manifestants lors de l’invasion du Capitole mercredi, a ainsi banni sept chaînes et retiré plus de 100 vidéos de son site.

Certains pourraient choisir de faire comme Gab, qui a mis en place ses propres serveurs pour ne pas dépendre de sociétés extérieures.

Parler porte plainte contre Amazon       

Le réseau social conservateur Parler a porté plainte, lundi, contre Amazon, qui l’a expulsé de facto d’internet en coupant l’accès à ses serveurs en raison de la persistance de messages d’incitation à la violence après l’assaut du Capitole.

Parler, qui estime que cette décision est motivée par des motifs politiques et par la volonté de réduire la concurrence au bénéfice de Twitter, demande au tribunal de prononcer une ordonnance temporaire contre Amazon en forçant le groupe à lui rouvrir ses serveurs.

Depuis minuit lundi, heure de Californie, Parler a en effet été mis hors ligne à la suite de la décision d’Amazon de couper l’accès de Parler aux serveurs hébergeant ses données et permettant ainsi son fonctionnement.

Google et Apple avaient déjà retiré Parler de leurs plateformes de téléchargement d’applications.

Les géants de la technologie lui reprochent principalement une politique de modération trop laxiste.

Écoutez la chronique de l’expert en politique américaine Guillaume Lavoie à QUB radio:   

Dans un communiqué dimanche soir, le patron du réseau social, John Matze, a affirmé que la plateforme n’approuvait ni n’acceptait la violence.

Parler «interdit explicitement tout message incitant à la violence ou menaçant de violence, ou toute autre activité enfreignant la loi», a-t-il souligné.

Lancée en 2018, le réseau social fonctionne un peu comme Twitter, avec des profils à suivre et des «parleys» au lieu de tweets. La liberté d’expression est son mandat. 

La plateforme attirait surtout, à ses débuts, des franges ultraconservatrices, voire d’extrême droite. Mais elle accueille aussi maintenant des voix républicaines plus traditionnelles.