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Odeur de revanche chez les Ravens

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Photo AFP Lamar Jackson (8), bien appuyé par ses coéquipiers, a connu un fort match dimanche après-midi afin de venir à bout des Titans du Tennessee par la marque de 20 à 13.

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La victoire de 2-13 des Ravens, c’est celle de Lamar Jackson aux dépens de ses détracteurs. C’est celle d’une défensive dégoûtée d’entendre parler des exploits de Derrick Henry. C’est aussi celle d’une équipe qui ne porte pas les Titans dans son cœur.

Dans une vie pas si lointaine, avant le remaniement des divisions en 2002, les Ravens et les Titans étaient des ennemis jurés au sein de la défunte section centrale. Les Steve McNair, Eddie George, Ray Lewis et Ed Reed s’en donnaient à cœur joie. 

Même s’ils ne sont plus dans la même division, il s’agissait d’un troisième affrontement entre les deux clubs dans la dernière année. Lors des deux premiers, les Titans étaient sortis victorieux et leur porteur Derrick Henry avait gagné en moyenne 164 verges au sol contre eux. 

Après les avoir décimés, le roi Henry a subi la révolte de ses sujets, hier. Il a été limité à 40 verges, sa plus faible récolte depuis la semaine six de la saison 2019. Sa moyenne famélique de 2,2 verges par portée a été sa pire cette saison. Pour la première fois à ses 29 derniers matchs, il n’a pas gagné 10 verges sur au moins une de ses courses.  

Pendant que la «boîte» était pleine pour freiner Henry, le quart-arrière Ryan Tannehill, après un fort début de match, n’a pas su en profiter pour attaquer en profondeur. Il n’a complété qu’une seule passe de 20 verges ou plus sur quatre tentatives. L’interception fatale en fin de match, laquelle a été réussie par Marcus Peters, est survenue dans ce contexte. En Jimmy Smith, Marlon Humphrey et Peters, les Ravens misent sur un trio de demis de coin qui en impose. 

L’attaque des Titans a été neutralisée et l’entraîneur-chef, Mike Vrabel, a manqué de cran avec 10 min à jouer, avec le ballon à la ligne de 40 des Ravens, quand il a opté pour un dégagement sur un quatrième essai et deux verges à franchir et quatre points de retard. Pas très audacieux... 

Jackson en forme

De son côté, le quart-arrière Lamar Jackson s’est remis de brillante façon d’une désastreuse interception en début de match. Ses 136 verges au sol, dont un touché électrisant sur une envolée de 48 verges à la vitesse de la lumière ont changé la donne. Sans faire de miracles par les airs, il a été efficace avec 17 passes complétées en 24 tentatives.

Pour un pivot qui avait accumulé cinq revirements lors de ses deux premières sorties ardues en séries, cette performance est la bienvenue. Il a bien joué, sans tenter de jouer les héros inutilement. 

Un seul bémol quant à la victoire amplement méritée des Ravens, toutefois. Pourquoi cette célébration immature sur le logo des Titans? Et surtout, pourquoi avoir filé au vestiaire sans donner la main à leurs rivaux? Bien sûr, les Titans avaient échauffé les esprits plus tôt cette saison lorsqu’ils s’étaient rassemblés sur le logo des Ravens avant la rencontre. Ces derniers auraient dû se montrer plus grands dans la victoire. Cette rivalité est belle, physique, percutante. Pas besoin de tels enfantillages! 

Les Saints dominent

De leur côté, les Saints ont mis un moment à mettre la machine en marche, mais comme prévu, l’offensive des Bears n’a jamais été assez menaçante pour donner une réelle frousse. Les Saints ont gagné 21-9, sans trop de problèmes. 

Les Bears ont en effet gagné seulement 239 verges, dont 99 sur une série offensive sans la moindre signification en toute fin de match. Seulement un troisième essai a été converti en 10 tentatives. Mitchell Trubisky, après sa supposée renaissance en fin de saison, est redevenu le quart-arrière qu’il a toujours été lors des deux dernières semaines face à de grosses équipes.  

La réalité est que les Bears n’avaient pas leur place en séries. Ils ont offert une opposition honnête contre les Saints, mais leur attaque n’est pas de calibre pour jouer dans la cour des grands. C’est sans parler de l’indiscipline avec neuf pénalités. 

Les Saints ont dominé défensivement et l’attaque menée par un Drew Brees efficace, sans être spectaculaire, a fait le nécessaire. Il faudra toutefois plus de gros jeux la semaine prochaine face aux Buccaneers.  

Les Browns surprennent

En soirée, les Browns ont causé toute une onde de choc en renversant les Steelers 48 à 37. Ils étaient pourtant privés de leur entraîneur-chef, Kevin Stefanski, et de quelques joueurs clés, dont le garde Joel Bitonio et le demi de coin Denzel Ward, touchés par la COVID-19. Même le virus ne vient pas à bout des nouveaux Browns, cette année! Il s’agit d’une première victoire pour Cleveland en séries depuis 1994, à une époque lointaine où un certain Bill Belichick était leur entraîneur-chef. Même qu’ils n’avaient pas gagné en séries sur la route depuis 1969! 

Les Browns ont commencé le match en force, en se donnant une avance de 28-0 dès le premier quart. Une mauvaise remise du centre des Steelers Maurkice Pouncey, recouverte dans la zone des buts par Karl Joseph, donnait un touché aux Browns dès le premier jeu du match. Les Browns ajoutaient rapidement à leur avance après une première de quatre interceptions de Ben Roethlisberger. Après moins d’une minute avec le ballon, ils menaient 14-0. Un départ catastrophique pour les Steelers! 

Après s’être offert un coussin de 28 points, les Browns ont laissé les Steelers revenir dans le coup, au point où seulement 12 points séparaient les deux équipes au troisième quart. 

Mais étrangement, au début du quatrième quart, les Steelers se sont retrouvés en situation de quatrième essai avec une verge à franchir, mais l’entraîneur Mike Tomlin a opté pour un dégagement même si son attaque avait à ce moment le vent dans les voiles. Résultat, sur leur séquence offensive qui a suivi, les Browns ont augmenté leur avance avec une passe de touché de Baker Mayfield à Nick Chubb. 

Tout au long de la rencontre, les Steelers ont été incapables de freiner l’attaque des Browns, lesquels ont inscrit plus de 40 points pour la deuxième fois de l’histoire de la franchise en séries. 

Les Steelers sont devenus la quatrième équipe de l’histoire à commencer la saison avec un dossier de 11-0 pour ensuite perdre leur premier match éliminatoire. 

Les voilà dans une situation où ils font face à l’inconnu, avec plusieurs joueurs importants de leur alignement qui deviendront agents libres, dont James Conner, JuJu Smith-Schuster et Bud Dupree. Ben Roethlisberger, quant à lui, a-t-il atteint la fin du parcours? Il y a lieu de se poser la question, lui qui a lancé huit interceptions à ses trois derniers matchs et qui termine rarement une saison en santé.  

Il y a matière à réflexion chez les Steelers, qui n’ont remporté que trois matchs éliminatoires dans la dernière décennie. Dans quatre de leurs six derniers parcours éliminatoires, ils ont plié bagage dès leur premier affrontement. 

Les Browns sont assurément l’histoire Cendrillon de l’année dans la NFL et leur parcours se poursuit dimanche contre les champions en titre, les Chiefs. Toujours dimanche, les Buccaneers se frotteront quant à eux aux Saints, tandis que les affrontements de samedi mettront aux prises les Rams avec les Packers, ainsi que les Ravens avec les Bills. 

LES ÉTOILES DU JOUR    

Lamar Jackson

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Au-delà des statistiques, Lamar Jackson a remporté pour la première fois de sa carrière un match lors duquel les Ravens ont accusé un retard de 10 points. Sa fiche était de -6 auparavant dans ce contexte. Un beau pied de nez à ceux qui doutent constamment de lui. 

Pernell McPhee

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Le secondeur des Ravens a mené les siens avec six plaqués, mais tout le front défensif mérite infiniment de respect. Selon ESPN Stats & Info, le porteur des Titans Derrick Henry a été frappé à la ligne de mêlée ou derrière celle-ci sur 11 de ses 18 courses. 

Marcus Peters

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Encore là, toute la tertiaire des Ravens mérite de l’amour, mais c’est Marcus Peters, avec son éternel flair pour le gros jeu, qui a réalisé l’interception qui a mis fin aux espoirs des Titans. Le receveur Kalif Raymond est tombé devant lui et Peters a saisi l’offrande. 

Drew Brees

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Le vétéran quart-arrière n’a pas déçu avec 265 verges et deux passes de touché. Par-dessus tout, il n’a été victime d’aucun revirement, lui qui en avait commis sept à ses cinq derniers matchs éliminatoires. La chimie a opéré entre Michael Thomas et Deonte Harris. 

Sheldon Rankins

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Le plaqueur des Saints s’est illustré au sein d’une ligne défensive dominante, avec un sac du quart. Le jeu au sol des Bears, lequel est dangereux avec le porteur David Montgomery, a été neutralisé. Montgomery n’a gagné que 31 verges en 12 courses.  

Chauncey Gardner-Johnson

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Le maraudeur des Saints doit être désagréable à souhait sur le terrain puisqu’il a le don d’entrer dans la peau des receveurs adverses. Cette fois, c’est Anthony Miller qu’il a provoqué, au point où ce dernier l’a frappé et a été éjecté. La peste des Saints a aussi sept plaqués. 

Chubb et Hunt

On l’a dit souvent... quel tandem de porteurs! Nick Chubb a fini avec 76 verges au sol, 69 par la passe et un touché. Kareem Hunt a pour sa part inscrit deux touchés sur 48 verges au sol en plus de capter une passe pour 13 verges. 

Jedrick Wills

Les Steelers n’ont pas enregistré le moindre sac du quart, eux qui ont dominé la ligue à ce chapitre cette saison. Le quart-arrière Baker Mayfield a été fort bien protégé, même si les membres de sa ligne offensive étaient éclopés. Le bloqueur recrue Jedrick Wills a connu un match du tonnerre. 

Baker Mayfield

Le quart-arrière des Browns a brillé avec trois passes de touché et des gains de 263 verges. Il n’a pas commis de revirement et a contribué à la première victoire en 17 ans pour les Browns à Pittsburgh. Et dire qu’en début de saison, il semblait cuit!