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Sauver Trump et sauver sa peau

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Photo AFP Le président sortant Donald Trump lors du discours qu’il a prononcé devant le Capitole mercredi dernier.

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Donald Trump peut-il en toute impunité inciter les Américains à l’insurrection ?

Le chapitre 115 du Code pénal américain, qui traite de la trahison, de la sédition et des activités subversives, stipule que quiconque incite, organise, assiste ou s’engage dans n’importe quelle sédition ou insurrection contre l’autorité des États-Unis est passible d’amende, de jusqu’à 10 ans de prison et de la perte du droit d’occuper des charges publiques.

Avec ce qui est arrivé mercredi dernier, n’importe quel autre citoyen que le président des États-Unis serait déjà derrière les barreaux.

Comment neutraliser un président criminel ? Trump pourrait-il être pardonné ? Pourrait-il se faire pardonner par Mike Pence devenu président par intérim ?

Les mécanismes normaux de l’État semblent impuissants devant cette situation. C’est pourquoi divers subterfuges sont déployés pour freiner Trump.

Ainsi, Trump a-t-il perdu une partie de sa liberté d’expression. Il est banni de Twitter, de Facebook et de quelques autres plateformes.

Malheureusement, cette interdiction, plutôt que de passer par un juge, a été décidée par les conseils d’administration des plateformes numériques. Mais pouvait-il en être autrement ? Probablement pas.

Délires républicains

La plupart des élus républicains refusent de soutenir le renvoi de Trump, même si plusieurs ont déclaré qu’il méritait cette sanction.

C’est que les républicains redoutent que le procès de Trump soit aussi leur procès auprès de l’opinion publique.

Au mieux, les républicains invoquent l’accentuation des divisions sociales que la procédure de renvoi au Congrès impliquerait.

Au pire, ils accusent les démocrates d’être les responsables de l’insurrection de mercredi dernier. Dans les médias sociaux, le délire des républicains augmente de jour en jour.

Ainsi, Nancy Pelosi est-elle accusée d’être une ivrogne haïssable et satanique qui s’acharnerait contre Trump, un homme modéré, qui ne chercherait plus qu’à obtenir une passation pacifique des pouvoirs.

La fin des États-Unis serait proche étant donné le programme communiste des démocrates. Il faudrait d’ailleurs par tous les moyens empêcher la gauche d’arriver au pouvoir.

On reste bouche bée devant tant d’âneries. Mais ce sont à peu de choses près les mêmes âneries qui ont été proférées par Trump lui-même, il y a encore quelques jours.

Il n’est pas sûr que Trump réussisse à trouver ou à créer de nouvelles plateformes pour déverser son fiel.

Sans leur grand gourou, les républicains continueront-ils à divaguer ?

Compromis des républicains

Le compromis que les républicains semblent demander est de laisser Trump tranquille, en échange d’un appui à plusieurs politiques de Biden, dans un esprit de réconciliation nationale. Il est douteux qu’ils y parviennent.

En attendant, le groupe QAnon pourrait faire les frais de la lutte entre démocrates et républicains et se transformer en bouc émissaire.

Les élus républicains qui ont incité à l’insurrection pourraient ainsi pousser un grand soupir de soulagement et continuer à jurer par tous les dieux qu’ils n’ont jamais considéré que l’intérêt de la république.