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Une session universitaire à la limite du tolérable

Le choix d’avoir «succès ou échec» juste dans un cours ne suffit pas, selon plusieurs

GEN - PIER-ALEXANDRE DÉSILETS ÉTUDIANT
Photo d'archives, Martin Alarie Pier-Alexandre Désilets, étudiant au baccalauréat en sciences comptables, a recueilli plusieurs témoignages d’étudiants découragés et stressés par l’enseignement virtuel et un système trop souvent basé sur la performance, déplore-t-il.

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Examens plus intenses, connexions internet instables, motivation à zéro ; des étudiants racontent avoir vécu une session « intolérable » et dénoncent le manque de flexibilité des universités en ces temps de pandémie.

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« D’habitude, je peux étudier 15 heures d’affilée sans problème. Là, j’ouvre mes livres et j’ai envie de vomir », avoue Pier-Alexandre Désilets, 32 ans, qui n’en est pas à sa première session à l’UQAM en sciences comptables.  

Il termine son deuxième baccalauréat et assiste même certains professeurs comme auxiliaire d’enseignement.  

Pétitions, témoignages, discussions avec la direction : il fait partie des étudiants qui trouvent que les universités de la province n’en font pas assez pour s’adapter à l’étrange réalité de la pandémie et des cours à distance. 

« Mon conjoint et moi avons nos examens la même fin de semaine [...] On les met où, les enfants, au juste ? » témoigne une mère-étudiante sur la page Facebook Ensemble, de près ou de loin, où les longs témoignages d’étudiants au bout du rouleau se succèdent.

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Plus de travail

Pour beaucoup, la charge de travail a augmenté puisque des examens ont été remplacés par de multiples longs travaux. Et lorsqu’un examen se tient en ligne, les étudiants vivent avec la peur constante que leur connexion internet lâche. 

Parfois, le temps accordé a été raccourci, rendant l’examen d’autant plus dur, illustrent plusieurs étudiants interrogés par Le Journal. 

Souvent, les cours donnés en visioconférence ne sont pas enregistrés sous prétexte qu’ils ne le sont pas non plus en présentiel. 

« Je fais quoi en cas de panne électrique ? En cas de bogue ? » se demande-t-on à répétition dans les témoignages.

« Il y a toujours eu du stress à l’université, et j’ai toujours trouvé que c’était tolérable [...] Mais là, ce ne l’est clairement pas », résume M. Désilets. 

Succès ou échec

Au cours des dernières semaines, l’Université de Montréal, l’Université Concordia et l’UQAM ont annoncé que les étudiants pourraient recourir à la mention « succès ou échec » pour un de leurs cours au lieu d’avoir une note chiffrée. 

« Ce n’est pas suffisant, et c’est venu trop tard, déplore Thalie Monette, présidente de l’Association étudiante de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. Ç’a été adopté pendant la semaine d’examens. On a déjà eu le temps de passer par toutes les phases de l’anxiété », ajoute-t-elle. 

En comparaison, l’Université Bishop’s, en Estrie, est citée en modèle par les étudiants. Elle a pris sa décision dès novembre et l’option du « succès ou échec » y est permise pour tous les cours, et non seulement pour un.