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Du lithium d’ici dans les Tesla

Un fournisseur du constructeur automobile partenaire d’une minière québécoise

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Photo AFP À l’automne 2019, Le Journal a révélé que Québec discutait avec Tesla, qui a soif de lithium utilisé dans la fabrication des batteries de véhicules électriques.

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Du lithium du ventre de l’Abitibi devrait se retrouver sous le capot des Tesla après que deux géants miniers australiens eurent conclu un accord pour vendre la matière première à l’entreprise d’Elon Musk.

« C’est une première. Il va y avoir du lithium de l’Abitibi dans les voitures de Tesla parce que Piedmont Lithium a déjà signé un contrat avec eux en septembre dernier », a partagé au Journal Guy Laliberté [il ne s’agit pas du fondateur du Cirque du Soleil], chef de la direction de Sayona Québec.

Hier, l’australienne Piedmont Lithium a mis la main sur 20 % de l’autre australienne Sayona et de 25 % des actions de sa filière Sayona Québec, qui a le projet Authier à la Motte (en processus d’autorisation) et le projet Tansim à Moffet (en phase exploration), en Abitibi-Témiscamingue.

En gros, Piedmont Lithium, qui vient de signer l’automne dernier une entente avec Tesla pour lui fournir un tiers de sa production de spodumène, a sorti son chéquier pour s’assurer d’avoir 50 % de la production québécoise à venir.

Si tout va bien, le spodumène de Sayona permettra d’alimenter le projet de Piedmont Lithium en Caroline du Nord, qui fournira du concentré de spodumène et de l’hydroxyde de lithium à la californienne Tesla.

« C’est bon pour Sayona. C’est bon pour le Québec. Piedmont vaut 500 millions $ US en Bourse », poursuit M.Laliberté, qui ne dit pas non aux 12 millions, qui atterrissent dans les coffres pour sa croissance.

  • Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal, a abordé le sujet en début de chronique sur QUB radio:

Filière batterie

En septembre dernier, Le Journal a révélé que Québec est prêt à investir jusqu’à 1,4 milliard $ pour avoir une industrie de l’électrification axée sur la batterie au lithium, chère au ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

Or, pour l’instant, il semble que ce soit encore la matière première qui suscite l’intérêt, mais Guy Laliberté de Sayona Québec estime que le gouvernement Legault fait bien de continuer à vouloir attirer les fabricants de batteries ici.

Après l’échec de Nemaska Lithium et North American Lithium, Guy Laliberté est d’avis que la stratégie de mise en valeur des matériaux critiques et stratégiques porte ses fruits et que le meilleur reste à venir.

« Les Québécois doivent se rendre compte que l’on n’est pas assis sur des mines de lithium, ici. On est assis sur des mines d’or », lance celui qui ne cache pas son désir d’acheter North American Lithium ces prochaines semaines.

Selon lui, le fait que des entreprises soient prêtes à allonger des millions alors que le projet Authier ne doit voir le jour que d’ici la fin de l’année en dit long.

« Ça redonne confiance au Québec. On devrait être content », conclut-il en soulignant que la mine Authier payera 57,5 M$ en redevances en 14 ans, en excluant les sommes à la nation autochtone Abitibiwinni.


Sayona Québec appartient au géant australien Sayona Mining. Elle compte parmi ses actionnaires des minières et des fonds, mais aussi le Conseil de la Première Nation Abitibiwinni, qui est son 16e actionnaire en importance.

SAYONA QUÉBEC  

  • Projets : Authier (La Motte) et Tansim (Moffet) 
  • Fondation : 2016 
  • Maison mère : Sayona Mining 
  • Siège social : Paddington, Australie 
  • Valeur boursière : 69 M$  

PIEDMONT LITHIUM  

  • Fondation : 1983 
  • Siège social : Perth, Australie 
  • Valeur boursière : 637 M$  

Source : Sayona Québec et Piedmont Lithium