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Non au financement de la porno par le gouvernement

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C’est avec indignation que j’apprenais, le 21 décembre dernier dans Le Journal de Québec, que le gouvernement québécois avait appuyé financièrement des entreprises pornographiques depuis une décennie  

De quel droit notre gouvernement utilise-t-il nos impôts pour financer l’exploitation sexuelle des femmes et des filles dans la pornographie?

La pornographie n’est pas une industrie comme une autre. Elle dégrade l’image des femmes et exacerbe les inégalités entre les femmes et les hommes ainsi que les stéréotypes sexistes. C’est une prostitution filmée qui utilise de véritables êtres humains, principalement des femmes et des filles. Leur «consentement» est nul, car il est arraché par la force ou par l’argent. Visa et Master Card n'ont-ils pas suspendu, en décembre dernier, leurs services avec MindGeek, propriétaire de PornHub, qui diffusait des images de pornographie juvénile?

Effets dévastateurs

Au Québec, nous avons pourtant collectivement pris conscience des torts causés par l’exploitation sexuelle. Les organismes tels que La Maison de Marthe et la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), de concert avec l’association Pour les droits des femmes du Québec (PDF-Q), ont alerté le public à propos des effets dévastateurs de cette industrie sur ses victimes et sur les inégalité entre les femmes et les hommes qui y règnent. 

De plus, le Secrétariat à la condition féminine a inclus la prévention et la lutte à l’exploitation sexuelle à sa politique d’égalité en 2007.

La récente commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs a mis en lumière l’ampleur du phénomène ainsi que ses dommages à long terme sur les jeunes. Elle a montré le caractère indissociable de l’exploitation sexuelle des mineurs et des adultes.

Sachant cela, comment le gouvernement du Québec peut-il subventionner une industrie pornographique milliardaire qui n'a nullement besoin de subventions alors qu'elle engrange des profits en ces temps de pandémie? Cette situation est intolérable, voire scandaleuse. 

En tant que femme contribuable, je refuse de financer par mes impôts ma propre dégradation et celle de mes consœurs. Il est temps que le gouvernement fasse preuve de cohérence dans ses interventions en matière d'exploitation sexuelle.  

Johanne Jutras

Québec
A fait carrière au ministère de la Culture et des Communications et retraitée depuis 2013.

Actuellement étudiante au Certificat en santé sexuelle à l'Université Laval.

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