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Obligés de prendre l’avion pour leur maison à 20 km de la frontière

Obligés de prendre l’avion pour leur maison à 20 km de la frontière
Photo Stevens LeBlanc

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Des Québécois obligés de dépenser plusieurs milliers de dollars pour aller dans leur résidence aux États-Unis par voie aérienne veulent obtenir une dérogation qui leur permettra de passer par la frontière terrestre, fermée depuis le mois de mars. 

«Je suis obligé de prendre deux avions, passer par trois aéroports, louer une voiture pour me rendre jusqu’à ma maison. Me semble que je suis beaucoup plus à risque [d’attraper la COVID-19] en faisant ça, qu’en restant dans mon char pour passer la frontière», explique Denys Laflamme, propriétaire d’une résidence secondaire à Colebrook dans le New Hampshire.

Depuis le 18 mars 2020, la frontière terrestre entre les États-Unis et le Canada demeure fermée pour éviter la propagation du coronavirus. Certaines personnes bénéficient d’une exception; par exemple, celles qui doivent se rendre aux États-Unis pour un traitement médical.

Par contre, les voyageurs canadiens peuvent toujours aller chez nos voisins du Sud par avion.

Une pétition, signée par plus de 5000 personnes, demande d’ailleurs aux deux paliers de gouvernement une dérogation pour que les propriétaires de résidence secondaire puissent se rendre chez eux par la voie terrestre. 

«Tout ce que nous demandons, c’est de nous permettre d’accéder [aux] propriétés dès maintenant, non pas à des fins récréatives, mais plutôt pour faire le nécessaire pour les préparer correctement, les fermer et les sécuriser pour une période potentiellement longue», lit-on dans la pétition.

Par avion seulement

La voie aérienne est donc le seul moyen qu’ont M. Laflamme, 49 ans, et sa femme, Patricia Bourque, 45 ans, pour se rendre à leur maison qui se trouve à seulement 20 km de la frontière.

Le couple étant propriétaire d’une voiture électrique, le trajet depuis Québec leur coûtait avant la pandémie environ 30$ par trajet. Mais en étant dans l’obligation de prendre un avion de Québec à Montréal, puis de Montréal à Boston, et ensuite de louer une voiture pour faire le trajet de 325 km entre Boston et leur maison à Colebrook, la facture passe à plus de 2000$ pour l’aller-retour, soit une augmentation de plus de 3300%.

«Au prix que ça coûte pour aller chez nous, je ne peux pas payer 2000$ chaque fois! On ne peut pas prendre soin de notre maison, on ne peut pas la préparer pour l’hiver», déplore celui qui travaille pour le gouvernement du Québec, tout comme sa femme. Il redoute que cette interdiction l’empêche de protéger sa propriété contre d’éventuels dommages qui seraient alors non couverts par les assurances.

Outre le coût, c’est aussi le temps de trajet qui a été augmenté considérablement en passant de 3 heures 30 minutes à près de 12 heures, affirme M. Laflamme.

Non essentiel

Selon Ciara Trudeau, porte-parole pour Affaires mondiales Canada, «il revient aux autorités compétentes d’un territoire de décider qui peut en franchir les frontières».

De son côté, Nate Peeters, porte-parole pour le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, indique par courriel que les voyages effectués dans le seul but de se rendre dans une propriété personnelle à des fins de loisirs ne sont pas considérés comme essentiels en vertu des restrictions temporaires sur les voyages.