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Couche-Tard inquiète ses actionnaires

La multinationale québécoise veut mettre la main sur l’épicier français Carrefour

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Photo AFP Le Groupe Carrefour compte plus de 300 000 employés. Ici, un supermarché des environs de Nantes.

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Alimentation Couche-Tard a déplu à plusieurs de ses actionnaires, mercredi, avec son projet d’acquérir le géant français des supermarchés Carrefour pour plus de 25 milliards $.

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L’action de l’entreprise lavalloise a chuté de plus de 10 % pour clôturer à 37,10 $, à la Bourse de Toronto.

Pour sa part, le titre de Carrefour a bondi de 13 % pour terminer la séance à 17,54 euros à la Bourse de Paris, se rapprochant des 20 euros offerts par Couche-Tard dans sa proposition de « rapprochement amical ».

« À première vue, il n’y a pas de synergies évidentes entre des épiceries et des dépanneurs/stations-service », a souligné l’analyste Chris Li, du Mouvement Desjardins, dans une note.

« Le fait que Couche-Tard envisage une acquisition hors de ses compétences de base laisse entendre que l’entreprise a accru sa tolérance au risque en cette matière », a quant à lui estimé Vishal Shreedhar de la Banque Nationale.

Dépendance au carburant

Certains relèvent toutefois que l’achat de Carrefour permettrait à Couche-Tard de réduire sa dépendance aux ventes de carburant, qui génèrent actuellement près de la moitié de ses profits, alors que les ventes de véhicules électriques sont à la hausse.

Il est possible que Couche-Tard s’intéresse surtout aux 7729 dépanneurs et magasins de proximité de Carrefour, situés principalement en France, ailleurs en Europe et en Argentine. Selon M. Li, Carrefour tire environ 10 % de ses revenus et de ses profits de ce secteur. 

Fait à noter, la quasi-totalité des magasins de proximité de Carrefour en France est franchisée, ce qui va à l’encontre du modèle d’affaires traditionnel de Couche-Tard.    

«Souveraineté alimentaire»

Il est cependant loin d’être acquis que le mariage aille de l’avant. Hier, le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, s’est fermement opposé au projet au nom de la «souveraineté alimentaire».

Les principaux actionnaires de Carrefour sont les familles milliardaires Arnault, Moulin et Diniz ainsi que Bank of America. Aucun ne détient de position de contrôle.

L’incursion éventuelle de Couche-Tard dans le secteur des supermarchés ne serait pas une première pour une chaîne de stations-service. En octobre, un important acteur de l’industrie, EG Group, a annoncé l’achat de l’épicier britannique Asda, qui appartient à Walmart.

La dernière grande acquisition de Couche-Tard a été celle de l’américaine CST Brands en 2017. L’an dernier, Couche-Tard n’a pas réussi à acheter la chaîne australienne Ampol (ex-Caltex), pour laquelle elle offrait près de 8 milliards $.

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